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Syrie: pour Macron, le départ d'Assad n'est "plus une condition préalable" pour la France

Donald Trump et Emmanuel Macron, durant leur conférence de presse.

Donald Trump et Emmanuel Macron, durant leur conférence de presse. - BFMTV

Lors d'une conférence de presse commune avec Donald Trump, ce jeudi à Paris, Emmanuel Macron a décrit sa position sur la Syrie. Il ne compte pas exclure d'office Bachar al-Assad des tractations sur la situation syrienne.

Lors de la conférence de presse qu'il a donnée aux côtés du président américain ce jeudi, Emmanuel Macron a été interrogé par le journaliste de BFMTV, Matthieu Coache, sur ses options quant à la situation syrienne, et particulièrement sur sa volonté, ou non, de faire du départ de Bachar al-Assad une priorité. Le chef de l'Etat a réaffirmé:

"Nous avons en effet changé la doctrine française à l’égard de la Syrie pour pouvoir avoir des résultats de manière très étroite avec nos partenaires, et surtout les Etats-Unis. Nous avons un objectif principal: l’éradication des terroristes, de tous les groupes terroristes quelles que soient leurs sensibilités. Nous avons une volonté: construire une solution politique dans la durée inclusive, et donc dans ce contexte, je ne fais pas du départ et de la destitution de Bachar al-Assad une condition préalable à l’intervention de la France".

La nécessité de tenir une feuille de route

Il a expliqué cette position politique et diplomatique: "Je pars d’un constat simple. Cela fait presque sept ans que nous avons fermé notre ambassade à Damas, que nous n’avons plus de contact avec Bachar al-Assad et que nous avons posé cette condition sans aucune efficacité." Il a ensuite exposé: "Troisième point, nous avons une ligne rouge commune avec le président Trump. Aucune utilisation d’armes chimiques. Toute une utilisation d’armes chimiques fera l’objet de représailles immédiates sur les lieux de l’utilisation ou du stockage." Il ajouté: "Quatrième point, très simple. Des corridors humanitaires pour évacuer les populations civiles partout où elles sont impliquées. Le cinquième point, c’est de construire dans la durée la stabilité politique de la Syrie. Pour réussir à tenir cette feuille de route, nous avons besoin d’une initiative diplomatique au-delà des opérations militaires que nous conduisons."

Il l'a alors détaillée, rappelant à nouveau sa volonté de discuter avec des émissaires de Bachar al-Assad: "D’évidence, les représentants de Bachar al-Assad seront impliqués dans les négociations qui permettront de mettre au point la feuille de route post-guerre mais il y aura aussi des représentants de l’opposition syrienne, d’évidence."

Robin Verner