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Otage tué par Daesh: Alan Henning, un chauffeur de taxi au grand cœur

Alan Henning s'était porté volontaire pour venir en aide aux réfugiés syriens.

Alan Henning s'était porté volontaire pour venir en aide aux réfugiés syriens. - Capture d'écran BBC

PORTRAIT - Décrit comme "gentil", "drôle" et "désintéressé", Alan Henning n'était pas un professionnel de l'humanitaire, mais voulait aider à tout prix.

Alan Henning, que les jihadistes du groupe Etat islamique disent vendredi avoir décapité, était présenté par tous ses proches comme un chauffeur de taxi de Manchester au grand coeur, qui voulait aider les victimes de la guerre civile en Syrie, sans aucune motivation politique ou religieuse.

Le Britannique de 47 ans, marié et père de deux adolescents, avait été enlevé en décembre alors qu'il s'était porté volontaire pour acheminer de l'aide dans un camp de réfugiés syrien, à bord d'une ambulance.

Emu par les souffrances des Syriens

Surnommé "Gadget" pour son goût prononcé pour les nouvelles technologies, Alan Henning n'était pas un professionnel de l'humanitaire. Touché par les souffrances de la population civile syrienne, il avait décidé de s'associer à un groupe d'amis musulmans qui avaient fondé une association caritative, "Aid4Syria" - une appellation qu'il s'est fait tatouer sur le bras, afin d'amener de l'aide humanitaire aux réfugiés de ce pays ravagé par la guerre civile.

A quatre reprises, il s'est rendu là-bas avec cette association. La dernière fois, marquée par son enlèvement de Daesh, a eu lieu le 20 décembre dernier. Alan Henning, décrit comme "un homme plein de compassion, un homme au grand coeur", avait insisté pour participer à ce convoi humanitaire au lieu de passer les fêtes en famille.

Un homme profondément bon

Une journaliste de la BBC, Catrin Nye, a croisé son chemin en octobre dernier alors qu'il remplissait une ambulance de couches et de petits pots pour enfants. "C'était quelqu'un de marrant, il faisait beaucoup de blagues et il était porté en haute estime par ceux qui allaient voyager avec lui", se souvient-elle. "Les gens le décrivaient comme quelqu'un de très gentil, désintéressé, un mec ordinaire, un père, un chauffeur de taxi, un amateur de pêche, quelqu'un qui voulait toujours aider les civils syriens."

Son apparition dans une vidéo des extrémistes sunnites le 15 septembre dernier a ému tout le Royaume-Uni où la presse montrait souvent un cliché de lui souriant, un enfant syrien dans les bras. Son sort a soulevé une mobilisation importante, notamment auprès de la communauté musulmane, et sa femme n'a cessé d'implorer les jihadistes de l'EI d'épargner son mari, lors de plusieurs messages vidéo déchirants. Ils sont restés sans appel.

A. G. avec AFP