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Turquie: la révolte s'amplifie, le gouvernement recule

Manifestation place Taksim à Istanbul en Turquie le 1er juin 2013

Manifestation place Taksim à Istanbul en Turquie le 1er juin 2013 - -

Malgré les "excuses" du gouvernement aux victimes de brutalités policières, des milliers de manifestants ont envahi mardi soir les rues d'Istanbul et Ankara.

La tension restait vive en Turquie mercredi matin au sixième jour des manifestations contre le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Malgré les "excuses" du gouvernement aux victimes de brutalités policières des jours précédents, des milliers de manifestants ont envahi à la nuit tombée mardi la place Taksim d'Istanbul, où ils ont scandé des slogans réclamant le départ du Premier ministre. Plusieurs milliers de personnes se sont également réunies en soirée à Ankara.

La police a alors utilisé des canons à eau pour tenter de disperser des centaines de manifestants antigouvernementaux, ont rapporté des médias locaux. Les contestataires ont tenté de se diriger vers les bureaux du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan dans ces deux villes.

Tôt mercredi matin, au moins 25 personnes ont été appréhendées à Izmir, dans l'ouest, pour avoir répandu sur le réseau social Twitter des "informations trompeuses et diffamatoires". Ali Engin, un responsable local du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple, a déclaré à l'agence Anatolia que les suspects étaient détenus pour avoir "appelé les gens à manifester".

Les excuses du vice-Premier ministre

Dans le pays, les opposants au régime bénéficient de nombreux soutiens de la population. La Confédération des syndicats du secteur public, qui a appelé mardi à un arrêt de travail de deux jours par solidarité avec les manifestants, devrait être rejointe mercredi par la Confédération syndicale des ouvriers révolutionnaires, qui revendique 420.000 membres.

Mardi, au lendemain d'une nouvelle nuit de violences marquée par la mort d'un deuxième contestataire, le vice-Premier ministre Bülent Arinç avait tenté d'enrayer le mouvement en qualifiant de "légitimes" les revendications des écologistes à l'origine des troubles. A l'opposé du ton ferme du chef du gouvernement, en tournée au Maghreb jusqu'à jeudi, Arinç avait dispensé un discours plus conciliant.

Au sortir d'une réunion avec le président Abdullah Gül, il a d'abord présenté ses excuses aux très nombreux blessés civils, à l'exception toutefois de "ceux qui ont causé des dégâts dans les rues et tenté d'entraver les libertés des gens". Sur un plan plus politique, Arinç a assuré que son gouvernement respectait "les différents modes de vie" des Turcs. Depuis le début de la contestation vendredi, les manifestants accusent Erdogan de dérives autoritaires et de vouloir "islamiser" la Turquie laïque.


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A. G. avec AFP