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Turquie: Erdogan mise sur la force pour négocier le calme

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Le Premier ministre Erdogan a voulu imposer le calme par la force en Turquie mardi, alors qu'il doit rencontrer mercredi les représentants de la fronde.

Le calme imposé par la force par la police mardi n'aura pas tenu longtemps. La nuit de mardi à mercredi a été émaillée d'incidents à Istanbul, alors même que dans la journée, le Premier ministre Erdogan avait fait évacuer à deux reprises la place Taksim, prévenant qu'il n'aurait plus "aucune tolérance" envers le mouvement.

Après douze jours de contestation sur cette place emblématique, la police anti-émeute a tiré ses dernières salves de gaz lacrymogènes vers 3 heures du matin. Une partie des manifestants ont trouvé refuge dans le parc Gezi, dont la destruction annoncée a lancé la contestation le 31 mai.

Le lieu, transformé par les militants en hôpital de campagne et de fortune, accueille de nombreux manifestants blessés. Il n'est pourtant pas épargné par les forces de l'ordre: quelques heures plus tôt, les protestants avaient subi des tirs nourris de gaz lacrymogènes, plongeant le parc dans le noir et le silence en début de soirée.

Quatre morts en douze jours d'affrontements

Ce mardi, le chef du gouvernement doit rencontrer des représentants de la fronde qui agite violemment le pays. Erdogan arrive en position de force aux discussions, après avoir fait étalage de la fermeté de ses policiers pour reprendre le contrôle de la place.

Deux opérations coup de poing, des heures d'affrontements et l'usage de gaz lacrymogènes et de puissants canons à eau ont cependant été nécessaires pour déloger les manifestants qui répliquaient en jetant pierres, bouteilles et cocktails molotov, montrant là leur capacité de résistance.

A Ankara, un homme est mort lundi, devenant ainsi la quatrième victime depuis le début du mouvement. L'homme, un ouvrier de 26 ans, a été blessé à la tête lors d'une manifestation. Selon les médias turcs, il aurait été touché à la tête par plusieurs coups de feu de la police.


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Alexandra Gonzalez avec Mariam Pirzadeh