BFMTV

Syrie: une scène de cannibalisme suscite l'effroi

L'homme identifié sur la vidéo serait Khalid al-Hamad, un commandant d'une branche des rebelles syriens

L'homme identifié sur la vidéo serait Khalid al-Hamad, un commandant d'une branche des rebelles syriens - -

Khalid al-Hamad, membre de la brigade Omar al-Farouq explique au "Time" que les actes qu'il a commis, et qui ont été diffusés sur Youtube, ne sont qu'une vengeance aux exactions commises par le régime de Damas.

Le conflit syrien, toujours plus loin dans l'horreur. Une vidéo, postée sur YouTube montrant un rebelle syrien éviscérant un soldat et faisant mine de croquer ses organes a suscité mardi une vague de condamnations.

L'homme, identifié comme étant "un commandant de la brigade rebelle Omar al-Farouq" - Khalid al-Hamad, selon Uman Right Watch - présente son acte comme une vengeance contre les exactions du régime.

Les Etats-Unis se sont dits "horrifiés" par cette vidéo dont l'authenticité n'a pu être vérifiée. L'opposition syrienne et l'ONU l'ont également dénoncée. La rebellion a promis de punir les auteurs des exactions.

Interrogé via Skype par le magazine américain Time, le rebelle, assure avoir agi de la sorte après avoir découvert dans le téléphone portable du soldat tué des vidéos montrant ce dernier "humiliant" une femme nue et ses deux filles.

"Nous mangerons vos coeurs et vos foies"

L'insurgé se vante ensuite d'avoir en sa possession une autre vidéo le montrant en train de commettre d'autres atrocités, un phénomène croissant dans la guerre entre les troupes du régime de Bachar al-Assad et la rébellion.

"J'y découpe un chabbih (milicien pro-régime) avec une scie. La scie qu'on utilise pour couper des arbres. Je l'ai découpé en petits et grands morceaux", dit-il dans cet entretien mis en ligne par Time.

Sur les images, il découpe le coeur et le foie du soldat en uniforme avant de lancer: "Nous jurons devant Dieu que nous mangerons vos coeurs et vos foies, soldats de Bachar le chien".

94.000 morts depuis le début du conflit

A Genève, la Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Navi Pillay a rappelé que "mutiler ou profaner des cadavres lors d'un conflit constitue un crime de guerre".

Elle a appelé à saisir la Cour pénale internationale "afin que des poursuites judiciaires puissent être lancées contre les présumés responsables de (...) crimes de guerre et contre l'Humanité, qu'ils soient du côté du gouvernement ou de l'opposition".

Depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue guerre civile, les vidéos montrant des exactions des belligérants se sont multipliées. Alors que la communauté internationale peine à agir, paralysée par ses divisions, le conflit en Syrie a déjà fait plus de 94.000 morts, selon cette ONG.


À LIRE AUSSI:

>> La Syrie dément être derrière les attentats en Turquie

>> Attentats en Turquie: la Syrie montrée du doigt

>> Syrie: vers une escalade régionale?