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Syrie: non sans mal, les experts de l'ONU enquêtent sur le terrain

Le convoi de l'ONU quitte le centre de Damas pour Moadamiyad al-Cham, lundi.

Le convoi de l'ONU quitte le centre de Damas pour Moadamiyad al-Cham, lundi. - -

Les experts de l'ONU ont commencé lundi leur travail sur le terrain. A l'issue de cette première journée d'enquête, le secrétaire d’Etat américain John Kerry a affirmé que "des armes chimiques avaient été utilisées" par Damas.

Après le feu vert donné dimanche par les autorités syriennes, les experts de l'ONU se sont rendus lundi sur le site de l'attaque présumée à l'arme chimique près de Damas. Non sans heurts: sur le chemin, leur convoi a essuyé des tirs de snipers non identifiés.

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Après avoir rebroussé chemin dans un premier temps, les enquêteurs sont finalement parvenus à se rendre à Moadamiyad al-Cham, une localité au sud-ouest de Damas tenue par les rebelles. C'est là que, selon l'opposition, le régime a perpétré mercredi une attaque à l'arme chimique.

Ils ont pu "visiter des hôpitaux et parler à des témoins, des survivants et des médecins et ils ont aussi pu recueillir des échantillons", a indiqué lundi soir le secrétaire général des Nations unis Ban Ki-moon. On peut les voir dans des vidéos sur Internet, comme celle ci-dessous postée par AP sur Internet et citée par l'AFP, visitant un hôpital de fortune coiffés de casques bleus.

Kerry met la pression sur Damas

Sur les éléments récoltés, il faudra désormais "attendre un peu pour avoir le premier avis" du chef de l'équipe, Aeke Sellström.

Dans l'après-midi, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a toutefois assuré que des armes chimiques avaient bien été utilisées par Damas et jugé qu'il s'agissait d'une "indécence morale" pour laquelle les responsables devaient répondre de leurs actes. La Maison-Blanche a renchéri en déclarant être en possession de preuves indéniables, tout en précisant que Barack Obama n'avait pas encore pris de décision sur la manière de répondre à cette action.

Le président Bachar al-Assad a de son côté réagi en estimant qu'il était "contraire au bon sens" de pointer du doigt son régime avant les résultats de l'enquête. Il a également prévenu qu'en cas d'intervention militaire, "les Etats-Unis essuieraient un échec".

Cameron écourte ses vacances

Un peu plus tôt, Chuck Hagel, le secrétaire américain à la Défense, avait déclaré que les forces américaines étaient prêtes à agir si nécessaire. Jusqu'alors réticent à intervenir, Barack Obama a durant le week-end convoqué son équipe de sécurité nationale, puis s'est entretenu avec son homologue français François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron, tous deux partisans d'une "réaction".

Ce dernier a indiqué dans la soirée qu'il écourtait ses vacances "en raison de la situation en Syrie". Il sera à mardi à Londres, où il présidera une réunion du Conseil de sécurité nationale. Dans la journée, il a eu un entretien avec le président russe Vladimir Poutine, toujours allié de Damas. Pour ce dernier, il n'y a toujours "pas de preuve" d'une attaque chimique par Damas.

M. T.