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Syrie: ce que contient la note du Renseignement français

Victimes présumées de l'attaque chimique du 21 août dans la banlieue de Damas.

Victimes présumées de l'attaque chimique du 21 août dans la banlieue de Damas. - -

Les informations des services de renseignement français rendues publiques ce lundi détaillent l'attaque du 21 août, et font cas d'au moins deux autres attaques chimiques perpétrées par Damas en avril.

La "synthèse nationale de renseignement déclassifiée" de neuf pages, rendue publique lundi par le gouvernement, traite à la fois du "programme chimique syrien", "des cas passés d'agents chimiques" et de "l'attaque chimique massive et coordonnée" du 21 août 2013. Extraits.

> Au moins 281 décès dûs aux armes chimiques le 21 août

L'analyse de l'attaque du 21 août se fonde sur le visionnage et l'analyse de "quarante-sept vidéos originales des événements". "Un premier décompte, quartier par quartier, du nombre des victimes a été réalisé", précise la note. Celui-ci a abouti à "au moins 281 décès, localisés dans la Ghouta Est (quartiers d'AinTarma, de Douma, d'Erbin, de Jobar, de Kfar Batna, de Qas Alaa, de Zamalka) et Ouest (quartier de Mudamiyat Sham)."

La note juge "peu probable" l'hypothèse d'une mise en scène ou une manipulation de la part de l'opposition" du fait de "l'observation de nombreux enfants en bas âge souffrant de symptômes violents (convulsions notamment), sur huit sites différents."

> Deux attaques antérieures au mois d'avril

La note fait aussi état d'attaques antérieures, dont les preuves sont des "échantillons biomédicaux (sang, urine), environnementaux (sol) et matériels (munitions), prélevés sur des victimes ou sur les sites des attaques de Saraqeb, le 29 avril 2013, et de Jobar, à la mi-avril 2013".

L'attaque du 29 avril a été conduite "contre la localité de Saraqeb, située à 30 km au sud-est d'Idleb (...). Environ 20 personnes ont été intoxiquées et évacuées vers les hôpitaux, où des personnels ont été intoxiquées par transfert de contamination."

A la mi-avril, "quarante personnes ont été intoxiquées et évacuées dans les quartiers est de Damas, dans la ville de Jobar." Dans les deux cas, "les analyses conduites ont confirmé l'emploi de sarin".

> L'un des "plus importants" stocks d'armes chimiques au monde

La note détaille enfin le stock d'agents chimiques de guerre que possèderait le régime de Damas, "l'un des plus important au monde".

Il s'agit de "plusieurs centaines de tonnes d'ypérite stockée sous forme finale", de "plusieurs dizaines de tonnes de VX" et de "plusieurs centaines de tonnes de sarin, qui constituent l'essentiel du stock".

Selon l'observation de l'activité de plusieurs sites d'essais syriens, "de nouveaux modes de dispersion sont à l'étude", indique la note. En outre, les renseignements compilés "confirment une utilisation par le régime de munitions transportant de plus faibles volumes d'agents chimiques, adaptées à un usage tactique, plus ciblé et localisé".

M. T. avec AFP