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Reportage sous les bombes en Syrie

La semaine dernière, une équipe de CNN était en tournage dans le Nord de la Syrie, tenu par les rebelles, quand un bombardement russe a touché un marché.

Dans le Nord-Ouest de la Syrie, Idleb est l’unique capitale provinciale du pays tenue par les rebelles. Une région difficile d'accès pour les journalistes occidentaux où a pu se rendre la semaine dernière une équipe de la chaîne américaine CNN. Clarissa Ward préparait une série de reportages pour les cinq ans de la guerre en Syrie quand à quelques kilomètres, la ville d’Ariha a été pilonnée par l'aviation russe. Elle a pu se rendre très vite sur place et constater le chaos.

Au milieu des ruines et de la fumée, de nombreuses victimes sont à terre. Les blessés sont envoyés à l’hôpital. La Russie assure ne viser que des cibles terroristes. La roquette est pourtant tombée sur un simple marché de campagne.

11 morts dont deux enfants

"Il n’y a pas d’installations militaires ici! C’est un marché! Regardez, c’est un marché! Un marché de fruits! Qu’est-ce que tu nous veux Bachar?", hurle un Syrien devant la caméra.

Ce jour-là, onze personnes n’ont pas survécu au bombardement parmi lesquelles deux enfants. Une histoire qui se répète presque chaque jour depuis fin septembre dans cette région. La rançon d’une vie hors du contrôle de Bachar Al Assad.

"Le prix à payer pour vivre dans une zone libérée"

En décembre dernier, Talal Al-Jaway se trouvait dans un immeuble d'Idleb quand il a été frappé par l'aviation russe.

"Les avions russes ciblent tout ce qui peut être utile à la population. Le but c’est de détruire notre vie. C’est le prix à payer pour vivre dans une zone libérée", assure l'avocat de 40 ans dont le bras a été blessé.

L'aviation russe continuera ses frappes contre des "objectifs terroristes"

Des bombardiers russes ont commencé mardi à quitter la Syrie dans la foulée de l'annonce surprise de Vladimir Poutine du désengagement du gros de son contingent militaire. Mais l'aviation russe continuera ses frappes contre des "objectifs terroristes" malgré le retrait de Syrie de la majeure partie du contingent militaire russe, a déclaré mardi un responsable militaire russe en Syrie. 

La guerre en Syrie, qui a débuté en mars 2011 après la répression sanglante par le régime de manifestations prodémocratiques, s'est transformée en un conflit complexe impliquant une multitude d'acteurs locaux et internationaux. Elle a fait plus de 270.000 morts, poussé plus de la moitié des habitants à quitter leur foyer, provoquant une importante crise migratoire.

K. L. avec Rym Bey