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Daesh perd du terrain en Syrie et en Irak

Des membres de Daesh à Raqqa, en Syrie, sur une image de propagande diffusée en juin 2014.

Des membres de Daesh à Raqqa, en Syrie, sur une image de propagande diffusée en juin 2014. - Welayat Raqqa - AFP

En plus de perdre des hommes, l'organisation jihadiste ferait également face à une importante perte de terrain en Irak et en Syrie, selon les Etats-Unis, qui estiment que le groupe se trouve actuellement en "position défensive".

Le recul de Daesh a-t-il commencé, sur le terrain? Un porte-parole de l'armée américaine a annoncé, mercredi, que près de 2.500 combattants de Daesh ont été tués au cours du seul mois de décembre dans des frappes de la coalition internationale menée par les Etats-Unis en Irak et en Syrie. Mais en plus de ces pertes humaines de grande ampleur, le groupe jihadiste perd également de plus en plus de territoires, au point de se retrouver en position "défensive". 

40% des territoires conquis en Irak perdus 

Selon le Pentagone, la perte de terrain de Daesh serait conséquente, et placerait le groupe en position de faiblesse. Depuis le début des frappes en août 2014, Daesh a ainsi perdu jusqu'à 22.000 km², soit 40%, des territoires qu'il avait pris en Irak, et environ 2.000 km², soit 10%, en Syrie.

"Nous estimons que Daesh est à présent en position défensive", a indiqué mercredi le colonel Steve Warren, porte-parole de l'armée américaine basé à Bagdad. "Ils ont atteint le point culminant de leurs opérations offensives aux alentours du mois de mai dernier, mais depuis ils n'ont fait que perdre du terrain".

Après avoir mené des avancées et conquêtes spectaculaires, Daesh a subi une série de défaites ces derniers mois en Syrie et en Irak. En 2015, les jihadistes ont cédé du terrain sur le sol irakien, perdant les villes de Tikrit, Baiji, Sinjar puis de Ramadi, à la fin de l'année. En Syrie, après avoir abandonné Kobané, Daesh a aussi perdu fin décembre le contrôle du barrage de Tichrine, dans le nord, se retrouvant ainsi privé d'une source de revenus stratégique.

Enfin, la stratégie de la coalition internationale contre Daesh consistant à s'en prendre aux infrastructures pétrolières utilisées par le groupe extrémiste pour se financer, commence également à porter ses fruits. Selon Steve Warren, la production pétrolière des jihadistes a été réduite de près de 30%, passant de 45.000 barils par jour à 34.000.

Des pertes compensées 

Toutefois, ces pertes sont à relativiser. Daesh dispose toujours de 20.000 à 30.000 combattants, et peut regarnir ses rangs presque aussi rapidement, notamment grâce à l'afflux de jeunes issus de pays alentours et du monde entier. 

Et si les jihadistes essuient de nombreuses défaites en Syrie et en Irak, ils ont réussi à gagner de nouveaux territoires ailleurs, comme en Libye où ils tentent de prendre le contrôle de plusieurs terminaux pétroliers sur différents ports.

Adrienne Sigel, avec AFP