BFMTV

Libération attendue de 26 prisonniers palestiniens avant les négociations

Une Palestinienne avec la photo d'un prisonnier en Israël, lundi 12 août à Gaza.

Une Palestinienne avec la photo d'un prisonnier en Israël, lundi 12 août à Gaza. - -

Cette libération a été décidée dans le cadre d'un accord sur la relance des négociations de paix israélo-palestiniennes, gelées depuis trois ans.

Ces prisonniers sont les premiers à être libérés sur un total de 104 promis par les Israéliens, en fonction de l'avancée des négociations.

Pour le négociateur en chef palestinien, Saeb Erakat, ces libérations sont extrêmement importantes pour les négociations. "Nous espérons que ce sur quoi nous nous sommes mis d'accord sera executé... Nous espérons la libération de ces 104 prisonniers. Chacun d'entre eux pourra rentrer chez lui, c'est ce que nous avons convenu", a-t-il déclaré à la radio lundi.

"L'accord entre nous, les Américains et les Israéliens est clair. Tout changement (dans le processus de libération des prisonniers) voudrait dire que l'accord est rompu", a-t-il ajouté.

Les noms des 26 détenus ont été publiés lundi matin, et ils devraient sortir avant la reprise des pourparlers mercredi matin. La plupart d'entre eux avaient été arrêtés pour le meurtre d'Israéliens ou de Palestiniens soupçonnés de collusion avec Israël.

A l'exception d'un seul, arrêté en 2001, tous ces prisonniers ont été arrêtés avant 1994.

"Les terroristes doivent rester en prison"

"C'est un jour de fête pour les organisations terroristes", a dénoncé Meir Indor, le directeur d'Almagor, une association de victimes israélienne.

Le ministre du Logement Uri Ariel, issu du parti nationaliste religieux Foyer juif, a critiqué la libération des détenus, déclarant que "les terroristes doivent rester en prison". "Ces terroristes qu'on libère ont tué des femmes et des enfants. Et je ne comprends pas bien en quoi relâcher des prisonniers peut aider la paix", a ajouté le ministre.

Uri Ariel avait annoncé dimanche un appel d'offres pour la construction d'un millier de nouveaux logements dans les colonies, en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Selon certains médias, l'annonce de ces constructions a été organisée pour calmer l'aile dure de la coalition dirigée par Benjamin Netanyahu, qui s'oppose à la libération de prisonniers mais défend ardemment de nouvelles constructions. "Je n'ai jamais entendu parler d'un tel accord", a balayé Meir Indor.

Nouvelles construction: "saboter les efforts"

Du côté palestinien, si l'annonce des libérations a été accueillie avec joie, les nouvelles constructions ont été perçues comme une façon "d'empêcher" les pourparlers. "Il est clair qu'en approuvant de nouvelles constructions trois jours avant la reprise des pourparlers, le gouvernement israélien tente de saboter les efforts de la communauté internationale et des Etats-Unis pour la reprise des négociations", a dénoncé le négociateur palestinien Mohammad Chtayyeh.

Mais le gouvernement israélien n'a pas l'intention de renoncer.

"Les constructions décidées à Jérusalem et dans les colonies sont situées sur des terrains qui resteront israéliens selon tout traité de paix envisageable", a déclaré Mark Regev, un porte parole de Benjamin Netanyahu. "Cela ne change absolument rien".

Après trois ans de blocage et plus de six décennies d'un conflit historique, les négociations israélo-palestiniennes, qui avaient repris fin juillet à Washington, doivent se poursuivre le 14 août à Jérusalem puis à Jéricho, en Cisjordanie.

C.P. avec AFP