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Obama sur l'Irak: impossible de régler le problème "en quelques semaines"

Barack Obama s'exprimant sur l'Irak, samedi 9 août 2014.

Barack Obama s'exprimant sur l'Irak, samedi 9 août 2014. - -

Le président américain, Barack Obama, n'exclut pas de poursuivre les bombardements chirurgicaux débutés ce vendredi dans le nord de l'Irak contre les jihadistes. Sur le terrain, les forces irakiennes et kurdes s'apprêtent à contre-attaquer.

Au lendemain des premières frappes aériennes américaines, ciblées contre les jihadistes au nord de l'Irak, Barack Obama s'est montré favorable à la poursuite des oppérations, ce samedi, tout en apportant de nouveaux détails. Le chef d'Etat américain s'est en effet déclaré "pour" de nouveaux bombardements chirurgicaux "si nécessaire" et a estimé qu'il ne serait pas possible de régler le problème "en quelques semaines".

Sur le terrain, des vivres ont également été largués, un action qui devrait se poursuivre avec l'aide de la France et de la Grande-Bretagne, François Hollande et David Cameron s'étant déclarés "d'accord" pour soutenir l'effort humanitaire initié par les Américains.

Dans le nord de l'Irak, une contre-offensive était en préparation pour les forces irakiennes et kurdes afin de récupérer les positions conquises par les jihadististes de l'Etat islamique (EI).

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> Des frappes chirurgicales et une avancée surprise

Le président des Etats-Unis, s'exprimant dans le cadre de son allocution hebdomadaire, a réexpliqué avoir autorisé les frappes en Irak pour protéger les personnels américains en poste dans la ville d'Erbil, dans le nord du pays. "Si nécessaire c'est ce que nous continuerons de faire", a-t-il prévenu.

Pour rappel, la Maison blanche avait précisé, vendredi, qu'aucune date de fin n'avait été fixée pour cette opération, mais a bien insisté sur le fait que les États-Unis excluaient d'envoyer des troupes au sol et de s'engager dans "un conflit militaire prolongé". A ce titre, Obama a ajouté, le lendemain, que le conflit en Irak n'allait pas se régler "en quelques semaines".

Le chef d'Etat a par ailleurs concédé que l'avancée des jihadistes, dans leur conquête du nord du pays, avait été "plus rapide" que les services de renseignement ne l'avaient prévu.

> Une coordination humanitaire avec Hollande et Cameron

Barack Obama a également confirmé, tôt ce samedi, qu'il avait autorisé un "effort humanitaire" pour venir en aide aux milliers de civils qui ont fui la ville de Sinjar à l'approche des jihadistes. Vendredi soir, le Pentagone avait annoncé que des vivres avaient été délivrés pour la seconde fois aux "milliers de citoyens irakiens" menacés, à la fois, par la famine, et par les jihadistes sur le Mont Sinjar.

Une mission humanitaire qui va se poursuivre avec la France et la Grande-Bretagne. François Hollande et le Premier ministre britannique, David Cameron, vont soutenir l'effort initié par les Etats-Unis. C'est, de nouveau, le président américain qui l'a annoncé, juste après s'être entretenu avec les deux dirigeants européens.

"Tous les deux ont exprimé leur soutien à nos actions et sont d'accord pour nous appuyer dans l'assistance humanitaire que nous offrons aux Irakiens qui souffrent le plus", a déclaré Barack Obama.

> Une contre-offensive se prépare

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Sur le terrain, on s’active. Les forces irakiennes et kurdes s'apprêtaient, ce samedi, à lancer une contre-offensive pour reprendre aux jihadistes les territoires perdus dans le nord de l'Irak. Une réplique rendue possible grâce à l’action des Etats-Unis.

Après les premiers bombardements américains, le temps est venu de contre-attaquer, a ainsi estimé Fouad Hussein, un haut responsable kurde, précisant que "les peshmergas vont d'abord se regrouper, puis se redéployer dans les zones dont ils étaient partis, et enfin aider les réfugiés à rentrer chez eux".

Réputés pour leur efficacité et leur organisation, les peshmergas, qui se sont eux-mêmes emparés de zones abandonnées par l'armée, n'ont pu les protéger de l'avancée des jihadistes, sous la pression de difficultés financières et du poids que représente la sécurisation d'un territoire élargi de 40%. Les jihadistes ne se trouvent désormais qu'à une quarantaine de km d'Erbil, la capitale du Kurdistan irakien.

> Yazidis et réfugiés en "danger de mort"

Les dizaines de milliers d'Irakiens jetés sur les routes par l'offensive jihadistes, dont de nombreux Yazidis réfugiés dans des montagnes arides sans eau ni nourriture, risquent de mourir si de l'aide ne leur parvient pas très rapidement. C’est un cri d’alerte, poussé ce samedi matin par une députée irakienne.

"Il nous reste un ou deux jours pour aider ces personnes. Après, ils vont commencer à mourir en masse", a ainsi déclaré Vian Dakhil, une députée membre de la communauté kurdophone des Yazidis, considérés par les extrémistes sunnites comme des "adorateurs du diable". "Si nous, peshmergas, l'ONU, le gouvernement, n'importe qui, ne leur apportons pas un peu d'espoir maintenant, leur moral va s'effondrer, et ils vont mourir", a-t-elle ajouté. 

Des milliers de Yazidis ont été jetés sur les routes par la prise dimanche de la ville de Sinjar par les jihadistes de l'Etat islamique (EI). Nombre d'entre eux sont depuis réfugiés dans les montagnes arides des environs, sans eau ni nourriture, et soumis à la double menace de la famine et des jihadistes.

.@UNFPA deploys support for women and girls amid mass flight from #Sinjar #Iraq - http://t.co/P1oIlan0fH pic.twitter.com/JfnClVgQDP
— United Nations (@UN) 9 Août 2014
dossier :

Barack Obama

Jé. M. avec AFP