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Irak: les Etats-Unis ont commencé à bombarder les jihadistes

L’attaque a été menée par deux appareils F-18. (Photo d’illustration)

L’attaque a été menée par deux appareils F-18. (Photo d’illustration) - -

Deux avions américains ont bombardé des positions de l'Etat islamique en Irak, annonce le Pentagone vendredi.

C'est la première fois, depuis le retrait de leurs troupes d'Irak en 2011 Etats-Unis s'impliquent directement dans le conflit. Deux avions américains ont bombardé des positions d'artillerie de l'Etat islamique en Irak (EI) qui menaçaient les personnels américains basés à Erbil, dans le Kurdistan irakien, a annoncé vendredi le Pentagone.

"Des avions militaires américains lancent des frappes contre l'artillerie de l'Etat islamique. L'artillerie a été utilisée contre des forces kurdes qui défendent Erbil, près de personnels américains", a déclaré l'amiral John Kirby, porte-parole du Pentagone sur Twitter:

US military aircraft conduct strike on ISIL artillery. Artillery was used against Kurdish forces defending Erbil, near US personnel.
— Rear Adm. John Kirby (@PentagonPresSec) 8 Août 2014

Une pièce d'artillerie mobile bombardée

L'amiral Kirby a précisé peu après que vers 12h45 (heures françaises) deux chasseurs bombardiers F/A 18 avaient largué des bombes de 250 kilos guidées par laser sur une pièce d'artillerie mobile près d'Erbil.

Cette pièce d'artillerie servait à bombarder des forces kurdes à Erbil, dans le Kurdistan irakien, et menaçait des personnels américains basés dans la ville, a souligné ce porte-parole du Pentagone, l'amiral John Kirby.

"La décision de frapper a été prise par le centre de commandement américain avec l'autorisation du commandant en chef" Barack Obama, a-t-il encore indiqué.

Le chef de l'armée irakienne, Babaker Zebari, a estimé que cet appui aérien allait permettre "d'énormes changements sur le terrain dans les prochaines heures". De son côté, Londres appelle ses ressortissants "à quitter" trois provinces du Kurdistan irakien, dont Erbil.

Eviter "un génocide"

Les combattants de l'EI avaient encore marqué des points jeudi avec la prise de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d'Irak, suivie de celle du barrage de Mossoul, le plus grand du pays, qui contrôle l'alimentation en eau et en électricité de toute la région.

Depuis dimanche, leur avancée dans le nord du pays a fait fuir des dizaines de milliers de personnes, ce qui a conduit le président américain Barack Obama à autoriser jeudi soir des frappes aériennes pour éviter un "génocide" et contrer l'avancée des jihadistes.

Barack Obama a accusé l'EI de viser "la destruction systématique de la totalité (...) du peuple (yazidi), ce qui constituerait un génocide". Il a en outre prévenu les jihadistes qu'ils seraient visés par d'éventuelles frappes aériennes s'ils tentaient de marcher sur Erbil. "Nous allons être vigilants et prendre des mesures si (les jihadistes) menacent nos installations n'importe où en Irak, notamment le consulat (américain) à Erbil et l'ambassade à Bagdad", a déclaré le président américain.

Deux ans et demi après le départ du dernier soldat américain d'Irak, l'armée de l'air américaine avait parachuté ces derniers jours des vivres et de l'eau aux civils piégés dans les montagnes.

D. N. et C. P. avec AFP