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Le Pen et Salvini lancent une force commune pour les européennes

Marine Le Pen a rencontré le ministre de l'Intérieur italien et chef de la Ligue Matteo Salvini ce lundi à Rome. L'occasion de réaffirmer leurs points communs à l'aube de la campagne pour les élections européennes.

La présidente du Rassemblement national (ex-FN) Marine Le Pen a rencontré ce lundi le ministre de l'Intérieur italien et chef de la Ligue Matteo Salvini. La rencontre s'est tenue à Rome lors d'un forum sur le thème "Croissance économique et perspectives sociales dans une Europe des nations", organisé par un syndicat proche du parti italien.

L'occasion pour la cheffe du Rassemblement national de s'afficher au côté de l'homme fort du régime italien qui, il y a quelques années encore, prenait un selfie avec elle pour le transformer en affichette de campagne, rappelle Le Parisien.

Cette année, c'est Matteo Salvini qui figure sur des tracts de rentrée du Rassemblement national, au-dessus d'un "Partout en Europe, nos idées arrivent au pouvoir". Car la rencontre de ce lundi n'est pas qu'une simple conférence de presse amicale: elle marque le coup d'envoi de la campagne des élections européennes en mai prochain.

"Si possible, des candidats communs" aux européennes

Fragilisée en France, notamment financièrement, Marine Le Pen veut ainsi montrer qu'elle et ses idées ne sont pas isolées en Europe: l'accession au pouvoir italien des populistes d'extrême-droite de la Ligue en mai dernier est pour elle un parfait exemple.

Ce lundi, le ministre italien et la présidente du Rassemblement national ont lancé le "Front de la liberté", avec "si possible, des candidats communs" aux européennes. Selon Matteo Salvini, cette alliance électorale a pour but de "construire un projet pour l'Europe pour les 30 prochaines années". En juillet dernier, il avait déjà évoqué la constitution d'une "Ligue des ligues", une sorte de rassemblement des partis nationalistes en Europe.

"Nous sommes aujourd'hui à un moment historique", a fait valoir ce lundi Marine Le Pen. "C'est l'Histoire avec un grand H qui va s'écrire au mois de mai prochain", a-t-elle estimé, décrivant une "émergence d'une Europe des nations, une Europe du respect, d'une Europe des protections".

"Nous ne luttons pas contre l'Europe"

"L'Union Européenne s'est construite sur beaucoup de promesses, (...) mais très peu de réalisations et des résultats (...) tout à fait minables", a déclaré la cheffe du Rassemblement national. "Nous ne luttons pas contre l'Europe mais contre l'Union européenne devenue un système totalitaire", a-t-elle assuré.

"Le rendez-vous de mai sera la fin d'un parcours, d'une révolution du bon sens", a abondé Matteo Salvini, qui s'est ici plus concentré sur les problèmes sociaux que sur son traditionnel discours anti-immigration.

"Le vrai défi, (c'est) la lutte contre la travail précaire, le chômage (...) les berceaux vides", a-t-il fait valoir. "Les ennemis de l'Europe sont ceux retranchés dans le bunker de Bruxelles (...) les Juncker, les Moscovici, qui ont apporté la précarité et la peur en Europe et refusent d'abandonner leur fauteuil", a-t-il martelé.

Liv Audigane, avec Agathe Lambret et AFP