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La santé de Bouteflika, éternelle inconnue dans les élections algériennes

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 23 novembre 2017 à Alger, lors d'élections locales.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 23 novembre 2017 à Alger, lors d'élections locales. - Ryad Kramdi - AFP

Depuis son accident vasculaire cérébral en 2013, le président algérien multiplie les séjours à l'hôpital. Il ne s'est quasiment plus exprimé en public et ne fait que de rares apparitions.

C'est reparti pour un 5e tour. Malgré presque 20 ans à la tête de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika est candidat à sa propre succession - un voeu qu'il entérinera en déposant son dossier de candidature le 3 mars prochain.

Peu avant la dernière élection présidentielle, un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013 ne l'a pas empêché de briguer la présidence et de gagner. Hormis un discours en avril 2014, une fois élu, il n'a quasiment pas pris la parole en public et préféré faire lire des textes à ses proches. Même ses apparitions publiques - toujours en fauteuil roulant - se font rares, la dernière datant de novembre 2018.

En septembre, il avait rencontré la chancelière allemande Angela Merkel, mais avait dû annuler son entrevue en décembre avec le prince héritier saoudien à cause d'une "grippe". Sa santé précaire n'est un mystère pour personne; nombreux sont ceux qui mettent en doute sa capacité à gouverner.

Une santé précaire avant même son AVC

Les problèmes de santé d'Abdelaziz Bouteflika n'ont pas commencé avec son AVC en 2013. Du 26 novembre au 17 décembre 2005, il séjourne à Paris, au Val-de-Grâce, un établissement dépendant du ministère de la Défense et accueillant périodiquement des responsables étrangers et français.

Son hospitalisation est marquée par un secret quasi-total, un seul bulletin médical algérien révélant qu'il a été opéré d'un "ulcère hémorragique au niveau de l'estomac". Il passe ensuite deux semaines de convalescence dans un palace parisien avant de regagner Alger. Du 19 au 21 avril 2006, il de nouveau est hospitalisé au Val-de-Grâce pour des "examens post-opératoires".

2013, 80 jours d'hospitalisation à Paris

Du 27 avril au 16 juillet 2013, le président algérien est hospitalisé durant 80 jours à Paris à la suite d'un AVC, d'abord au Val-de-Grâce puis à l'Institution nationale des Invalides, spécialisée dans la prise en charge du grand handicap.

  • Dans un bulletin de santé rendu public le 11 juin, ses "médecins accompagnateurs" réaffirment qu'Abdelaziz Bouteflika a eu un AVC le 27 avril "sans retentissement sur ses fonctions vitales" et qu'il observe une "période de réadaptation fonctionnelle".

Du 13 au 16 janvier 2014, il effectue des examens médicaux au Val-de-Grâce. Le 17 avril, pour sa première apparition publique depuis mai 2012, il vote en fauteuil roulant lors de la présidentielle, qu'il remporte.

Du 13 au 15 novembre 2014, il est brièvement hospitalisé dans un hôpital de Grenoble, dans un service de cardiologie et maladie vasculaire, selon le quotidien régional français Le Dauphiné Libéré.

Le 3 décembre 2015, la présidence annonce qu'Abdelaziz Bouteflika s'est rendu en France pour une "courte visite privée" durant laquelle il effectue des "contrôles médicaux périodiques". Selon des sources concordantes en France, il est entré au groupe hospitalier mutualiste de Grenoble, où il a déjà effectué un court séjour en novembre 2014. Son cardiologue, auparavant à l'hôpital du Val-de-Grâce, travaille dans cette clinique.

2016: très affaibli sur une photo tweetée par Valls

Du 24 au 29 avril 2016, le président algérien effectue "des contrôles médicaux périodiques" à Genève, selon la présidence. Son état de santé fait l'objet de spéculations, après la diffusion le 10 avril d'une photo tweetée par le Premier ministre français Manuel Valls, où il semble très affaibli. Du 7 au 15 novembre, il effectue un contrôle médical "périodique" à Grenoble, selon la présidence.

Le 20 février 2017, la présidence annonce le report de la visite de la chancelière allemande Angela Merkel en Algérie à cause de "l'indisponibilité temporaire" d'Abdelaziz Bouteflika, due à une "bronchite aigüe". Le 4 mai, le président effectue une apparition publique pour voter - toujours en fauteuil roulant - aux législatives.

Du 27 août au 1er septembre 2018, il effectue des "contrôles médicaux périodiques" à Genève, indique la présidence, sans autres précisions. Le 3 décembre 2018, la présidence annonce qu'il n'a pu recevoir à Alger le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, en raison d'une "grippe aiguë".

Actuellement hospitalisé à Genève

Le président algérien est supposé se trouver depuis dimanche à Genève, en Suisse, pour des examens médicaux, selon la présidence algérienne. Le séjour d'Abdelaziz Bouteflika sera "court", avait indiqué la présidence jeudi dernier, sans autre détail, dans un bref communiqué publié par l'agence de presse officielle APS.

Liv Audigane avec AFP