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L’offensive anti-Daesh sur la ville symbole de Dabiq est imminente

Des combattants de l'organisation terroriste Daesh.

Des combattants de l'organisation terroriste Daesh. - Images de propagande

Les soldats et les rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis cherchent à reprendre des mains des jihadistes la petite ville de Dabiq. Si ce bourg de moins de 4.000 habitants ne présente que peu d'intérêt militaire, le groupe terroriste est néanmoins prêt à tout pour le défendre: pour lui, il s'agit du lieu qui leur ouvrira la voix vers Constantinople.

Dans le nord de la Syrie, dans la province d'Alep, se livre un combat d'une importance capitale. C'est le combat pour le village de Dabiq. Aux mains de Daesh depuis août 2014, Dabiq serait en phase d'être récupéré par un groupe militaire de la coalition internationale, composé de Turcs et de rebelles syriens soutenus par les Etats-Unis. "Si tout se passe comme prévu, dans moins de 48 heures, nous serons dans Dabiq" a déclaré ce lundi à l'agence Reuters Ahmed Osman, commandant de l’Armée syrienne Libre du sultan Murad. 

Mais Daesh a la peau dure. Au moins 15 soldats turcs et rebelles syriens ont été tués lundi, tandis que le groupe terroriste a envoyé 800 combattants supplémentaires pour protéger le village de Dabiq.

Pourquoi l'organisation de l'Etat Islamique accorde-t-elle autant d'importance à une localité de moins de 4.000 habitants située dans une plaine agricole? L'attachement est plus symbolique que stratégique.

La bataille qui précédera l'apocalypse

L'histoire commence au 16e siècle, lorsque que l'armée musulmane est décimée par une "horde d'infidèles" selon un hadith, une tradition du prophète Mahomet. Mais les hadiths existent en plusieurs versions, et selon l'une d'elles, adoptée par les jihadistes, c'est à Dabiq que doit se dérouler la bataille qui précédera l'apocalypse, entre les jihadistes et les roumis. "Les roumis", selon David Rigoulet-Roze, chercheur rattaché à l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas) interrogé par l'Orient le jourfaisaient référence dans la tradition islamique à l'Empire byzantin et désignent aujourd'hui, dans la vulgate de Daesh, la coalition internationale. 

Selon les croyances du groupe terroriste, Dabiq serait donc le lieu symbolique qui ouvrirait la voie pour l'armée musulmane vers Constantinople, l'ancienne capitale de l'Empire chrétien d'Orient, aujourd'hui Istanbul.

Dabiq, la revue éponyme 

Dabiq a tant d'importance pour Daesh qu'il en a fait le titre de son magazine de propagande en ligne, descendant de la revue Inspire, dirigée par Al-Qaïda. 

Mais l'étau se resserre autour de Dabiq. Dernièrement plusieurs villages à proximité ont été reconquis par la coalition internationale, et des raids de l'armée turque ont touché plusieurs sites de Daesh, dont un poste de commande et un dépôt de munition. 

En Syrie et en Irak ces derniers mois, Daesh a fait face à plusieurs défaites militaires. Parallèlement à la bataille de Dabiq, les troupes irakiennes, soutenus par les Etats-Unis, cherchent à récupérer Mossoul, bastion irakien du groupe.

Marine Henriot