BFMTV

Les violences sexuelles contre les femmes utilisées comme tactique terroriste par Daesh

Dans les zones contrôlées par l'Etat islamique, les femmes subissent massivement des violences sexuelles.

Dans les zones contrôlées par l'Etat islamique, les femmes subissent massivement des violences sexuelles. - Images de propagande.

La représentante des Nations Unies sur les violences sexuelles dans les conflits armés dresse un bilan alarmant de la situation des femmes dans les zones contrôlées par le groupe Daesh. Vendues et abusées, elles sont utilisées dans la stratégie de terreur de l’organisation.

Mariées de force ou réduites à l’esclavage, les femmes qui vivent dans les zones contrôlées par le groupe Daesh subissent les pires atrocités. Zainab Bangura, représentante spéciale des Nations Unies sur les violences sexuelles dans les conflits établit cette semaine un bilan dramatique.

De retour d’une tournée en Syrie, Irak, Turquie, Liban et Jordanie, la diplomate sierra-léonaise rapporte dans une interview les sévices subis par les femmes dans les régions dominées par le groupe Etat islamique. "Après avoir attaqué un village, l’Etat islamique sépare les femmes et les hommes et exécute les garçons et les hommes de plus de 14 ans", détaille Zainab Bangura à Middle East Eye. "Les femmes et les mères sont séparées; les filles sont déshabillées, subissent des tests de virginité et sont évaluées en fonction de la taille de leurs seins et de leur beauté".

Les plus jeunes et en particuliers celles considérées comme "les plus jolies vierges" sont vendues aux enchères notamment à Raqqa, en Syrie. La diplomate rapporte le cas d'une jeune femme vendue 22 fois. 

Institutionnalisation de la violence sexuelle

Avec les enfants, les femmes sont les premières victimes du groupe Daesh car elles font partie de la stratégie de l’organisation terroriste. "Ils ont institutionnalisé la violence sexuelle, affirme Zainab Bangura. La maltraitance des femmes et des filles est au centre de leur idéologie (…) ils utilisent la violence sexuelle comme une tactique terroriste".

L’organisation installe la terreur pour mieux imposer son pouvoir. Le groupe présente également le viol comme compatible avec le Coran. Dans un récent article de Dabiq, une publication de propagande, les partisans de Daesh justifient les viols. L’article intitulé "Esclaves ou prostituées" affirme que "le sexe forcé" n’est pas du viol.

Brûlée pour avoir refusé un acte sexuel

Et les femmes qui tentent de résister sont violentées. La représentante des Nations Unies rapporte le cas d’une jeune femme de 20 ans "brûlée vivante parce qu’elle refusait de pratiquer un acte sexuel extrême". Parmi les femmes visées, les membres de la communauté yézidie sont particulièrement vulnérables.

Dans un rapport de mars dernier, les Nations Unies faisaient état de "violences sexuelles systématiques" contre les femmes de cette minorité avec des victimes de 8 à 35 ans. Toujours selon le rapport, 2.500 femmes et enfants "pour la plupart membres de minorités ethniques et religieuses" sont retenus dans le nord de l’Irak.

Carole Blanchard