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Ukraine: Petro Porochenko, un lancement sans faute

Petro Porochenko lors de son investiture au Parlement, le 7 juin 2014, à Kiev.

Petro Porochenko lors de son investiture au Parlement, le 7 juin 2014, à Kiev. - -

Fraîchement investi, le nouveau président ukrainien Petro Porochenko a déjà marqué plusieurs bons points.

Invité au Sommet des Chefs d'État et de gouvernement, à la dernière minute, Petro Porochenko est le premier président ukrainien à recevoir cet honneur. Officiellement, l'Élysée disait, il y a trois semaines, que seule la Fédération de Russie était héritière de l'URSS. "On ne va pas inviter tous les anciennes républiques soviétiques" m'a-t-on dit. En outre, la République d'Ukraine n'a jamais demandé de venir. Elle fut invitée quelques jours auparavant, et Porochenko fut considéré comme chef d'État et placé comme tel. Il put alors croiser Vladimir Poutine, et les deux hommes se sont parlé sous l'œil approbateur d'Angela Merkel. Des phrases conciliantes en sortirent.

Une investiture émotive et moderne

De nouveaux bons points: lors de son investiture, samedi, la composition de l'assistance était hautement symbolique. L'ambassadeur de Russie, Mikhaïl Soubarov, était présent, tout comme le président de la Biélorussie, Loukachenko, pourtant allié de premier plan de Poutine, et membre de la nouvellement formée Union eurasiatique (Russie, Kazakhstan, Biélorussie).

La langue russe n'est pas vraiment en danger avec Porochenko: pour la partie de son discours dirigée vers les habitants du Donbass (Donetsk et Lugansk), il s'est exprimé en russe. Bien entendu, il a réitéré son intention de réintégrer la Crimée à l'Ukraine. Mais il a dit vouloir éviter la vengeance, s'entendre avec la Russie, et n'a pas pleurniché en direction de l'Occident.

Son langage était émotif, incantatoire, et moderne à la fois. Pour l'émotif, il a parlé de l'histoire. Dans les années 1920, les Ukrainiens ont tenté d'obtenir l'indépendance mais tous leurs grands héros se sont battus entre eux. Il ne faut pas recommencer. Incantatoire, il a béni le souvenir des cent morts au Maidan, la "Centurie Céleste", et a observé une minute de silence. Moderne, il a proposé de dynamiser l'économie, en éradiquant la corruption. Un sans faute.

Harold Hyman et journaliste et spécialiste de géopolitique