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Débarquement: Obama, Poutine, Porochenko et le "Jour le plus long"

Barack Obama et François Hollande face à Omaha Beach.

Barack Obama et François Hollande face à Omaha Beach. - -

De nombreux leaders ont passé la journée en Normandie, sur les plages du Débarquement, pour honorer la mémoire de ceux qui ont contribué à la chute des nazis. BFMTV.com revient sur les cinq temps forts de ce 6 juin, avec un bonus à la fin.

Hommage aux victimes des bombardements, recueillement dans les cimetières, et surtout tractations diplomatiques en coulisses: les cérémonies du 70e anniversaire du Débarquement en Normandie ont suscité vendredi de nombreux moments d'exception. Sous un soleil radieux, le président François Hollande a accueilli un par un les représentants de 19 pays invités à la cérémonie internationale sur la plage de Ouistreham, dans le Calvados, et a réussi à remplir son rôle de facilitateur dans les relations parfois glaciales entre certains dirigeants.

Si les gestes symboliques ont été au-delà des attentes de chacun, reste à savoir s'ils se traduiront par des actes. Ainsi, Vladimir Poutine a jugé "juste dans l'ensemble" l'approche de son homologue ukrainien sur le règlement de la crise, mais lui a demandé de cesser toute "opération répressive", sans évoquer publiquement la présence russe en Ukraine.

BFMTV.com revient pour vous sur les cinq temps forts de la journée.

> Acte I: des discours forts et émouvants

Omaha Beach, 10h30. C'est près de cette plage, où se sont déroulés les combats les plus sanglants du "D-Day", que Barack Obama est revenu longuement sur les trajectoires personnelles de certains des vétérans. Il a évoqué ces hommes qui ont brisé "le Mur d'Hitler" et se sont battus "pour changer le cours de l'histoire de l'Humanité".

Dans un moment d'émotion, les vétérans, y compris ceux qui, à plus de 90 ans, ont du mal à marcher, se sont levés, comme s'ils répondaient à l'appel de leur commandant en chef, qui les a longuement applaudis.

Plus tôt dans la matinée, François Hollande avait tenu à souligner le rôle et le martyre des civils français, dont près de 20.000 ont péri dans les bombardements et les combats, entre le 6 juin et le 22 août 1944. Il a également rendu hommage au "courage des Allemands, victimes aussi du nazisme, entraînés dans une guerre qui n'était pas la leur".

> Acte II: la photo de famille

13h30, les flashs crépitent: 19 chefs d'Etat sont réunis devant l'oeil des photographes devant le château de Bénouville, avec une trentaine de minutes de retard sur le programme prévu, le président américain ne s'étant pas présenté à l'heure. On apprendra plus tard que ce retard était notamment dû à une interview à la chaîne américaine NBC.

L'emplacement de chacun des grands de ce monde a été savamment choisi pour éviter tout incident diplomatique: ainsi, Barack Obama et Vladimir Poutine sont séparés par François Hollande et par les deux reines, dans leurs tenues aux couleurs flamboyantes.

(Passez la souris sur la photo pour découvrir le nom de chaque dirigeant)

> Acte III: l'aparté Poutine-Porochenko

Il est près de 14 heures lorsque l'on apprend que le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko se sont parlé au château de Bénouville, juste avant le déjeuner des leaders. Une avancée fragile mais importante dans le processus de paix nécessaire pour une sortie de crise en Ukraine.

Le succès de cet entretien n'était pas acquis: le président François Hollande a dû faire preuve de tout son art diplomatique pour les convaincre de se rencontrer. "Jusqu'à la dernière minute, ce n'était sûr que cela se fasse", confie une source proche de l'Elysée.

L'aparté a duré une quinzaine de minutes, en présence de François Hollande, de la chancelière allemande Angela Merkel et de proches collaborateurs. Un dialogue "normal et grave" a pu s'amorcer entre les deux présidents sur de possibles mesures de désescalade. Les modalités d'un cessez-le-feu seront également discutées dans les jours qui viennent, comme l'a brièvement expliqué le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, à BFMTV.

> Acte IV: un semblant de relation entre Poutine et Obama

Ils ne devaient même pas échanger un regard. Finalement, les présidents américain et russe, en froid depuis l'annexion de la Crimée par la Russie, ont échangé quelques mots de manière informelle, en marge du déjeuner, comme le montre un montage vidéo Vine posté sur le compte Twitter de l'Elysée (voir ci-dessous). Leur discussion n'aurait sans doute pas eu lieu si Poutine et Porochenko n'avaient pas d'abord fait l'effort de dialoguer ensemble, quelques minutes auparavant.

[#Vine] Rencontre B. Obama - V. Poutine en marge du déjeuner des chefs d'Etat https://t.co/QFHEoCQJ0I @WhiteHouse @KremlinRussia_E #DDay70
— Élysée (@Elysee) 6 Juin 2014

Selon un responsable américain, durant ce court moment, Barack Obama a lancé un avertissement à son homologue russe: il lui a demandé "d'apaiser les tensions en Ukraine", sous peine de voir s'aggraver l'isolement international de la Russie.

En fin d'après-midi, le président russe s'est tout de même félicité d'avoir eu des discussions "positives" avec ses collègues occidentaux sur l'Ukraine, y compris avec son homologue américain Barack Obama.

Cet échange de regards, bien qu'illustré sur deux photos différentes à cause de la distance qui les sépare, a réellement eu lieu sur scène, devant les caméras du monde entier.

> Acte V: Sarkozy sort du silence

Nicolas Sarkozy a fait un pas de plus sur le chemin de son retour en politique vendredi. Resté longtemps silencieux, l'ancien hôte de l'Elysée, invité à ces cérémonies par son successeur, a accordé une interview exlusive à BFMTV, quelques instants après son arrivée à Ouistreham, à 14h30.

Nullement perturbé par des membres du public qui scandaient son prénom en fond sonore, l'ex-président a salué "ce moment de rassemblement". "Notre pays en a besoin", a-t-il lancé non sans malice. Au sujet de la présence de Vladimir Poutine, l'ancien Président a ajouté: "C'est toujours important que les leaders se rencontrent". Quant à son retour en politique, il n'a pas souhaité en parler. "Peut-être un autre jour..." a-t-il simplement répondu.

> Bonus: les toilettes colorées de la reine

La coquetterie n'a pas d'âge. A 88 ans, la reine d'Angleterre n'a reculé devant aucune audace vestimentaire pour briller à chacune de ses apparitions, lors de cette visite en France. Hors de question d'apparaître identique sur les photos à quelques heures d'intervalle, Elizabeth II est donc venue les valises chargées de tenues colorées. En moins de 24 heures, le compteur en affiche déjà cinq. Mais jusqu'où ira-t-elle?

Alexandra Gonzalez