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Sarkozy est-il sur le point de replonger dans l'arène politique?

Nicolas Sarkozy, lors du meeting de NKM pour les municipales en mars 2014.

Nicolas Sarkozy, lors du meeting de NKM pour les municipales en mars 2014. - -

L'ancien président de la République paraît déterminé. Mais ce retour ne se fera pas sans obstacles: ses concurrents de l'UMP n'ont pas l'intention de le laisser s'emparer du parti sans primaire.

Cette fois, c'est presque fait: Nicolas Sarkozy est sur le point de replonger dans l'arène politique. Alors que le parti est en pleine crise en raison de l'affaire Bygmalion, "le retour de Nicolas Sarkozy devient une nécessité": c'est dans ces termes que son plus fidèle lieutenant, Brice Hortefeux, a formulé dans Le Monde son souhait de voir l'ancien Président revenir. "Je souhaite donc qu'il soit candidat à la présidence de l'UMP à l'automne", poursuit-il.

Pour Brice Hortefeux, nul besoin d'organiser une primaire à droite. Il la considère comme "inutile lorsqu'un choix s'impose naturellement, car elle encourage les combats stériles". Une seule solution semble donc s'imposer.

L'affaire Bygmalion, la zone d'ombres

Mais les obstacles risquent de s'accumuler sur la route de l'ancien président. D'abord, un obstacle judiciaire avec la dernière affaire en date: Bygmalion. L'avocat de la société, Patrick Maisonneuve, l'a répété: l'affaire Bygmalion, selon lui, c'est l"'affaire des comptes de campagne de Nicolas Sarkozy".

Et même si Jérôme Lavrilleux a assuré, en larmes sur BFMTV, que ni Jean-François Copé, ni Nicolas Sarkozy n'étaient au courant des fausses factures réalisées par l'entreprise à l'UMP pendant la campagne de 2012, l'ancien président devra en persuader les militants UMP, les Français, et bien sûr la justice.

Les quadras réunis autour du "tout sauf Sarkozy"

Autre obstacle sur le chemin du retour: les concurrents. Car les partisans de la primaire, par ailleurs inscrite dans les statuts de l'UMP, n'ont pas l'intention d'y renoncer à son profit. Nombreux sont ceux qui veulent en être: Alain Juppé, Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, mais surtout François Fillon. Pour l'aider dans sa conquête du parti, l'ancien Premier ministre assure pouvoir compter sur 120 parlementaires, réunis dans une écurie autonome politiquement et financièrement: Force républicaine.

Quant aux "quadras" du parti, ils se sont trouvés un point commun: le "tout sauf Sarkozy". Ils le mettent donc au défi en le sommant de respecter les règles du mouvement. Même tonalité chez les soutiens d'Alain Juppé: "quand on est fort, on n'a pas peur de primaire, ni d'une élection. Qui m'a appris ça? Nicolas Sarkozy", raconte Edouard Philippe, député UMP proche d'Alain Juppé.

Le maire de Bordeaux cherche à faire valoir sa popularité: la dernière enquête le donnait au coude à coude avec Nicolas Sarkozy: l'ancien Premier ministre à 26%, l'ancien Président à 28%. C'est vraisemblablement la parution de cette enquête qui a participé à l'accélération du calendrier de Nicolas Sarkozy.

Ariane Kujawski