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Depuis Bruxelles, le G7 met en garde Poutine sur la crise ukrainienne

Les dirigeants du G7 réunis à Bruxelles, le 4 juin 2014.

Les dirigeants du G7 réunis à Bruxelles, le 4 juin 2014. - -

Les dirigeants du club des pays les plus développés du monde, qui se réunissaient mercredi à Bruxelles, ont envoyé un message à Vladimir Poutine sur la situation en Ukraine, menaçant de nouvelles sanctions en cas de tentatives de déstabilisation.

Réuni à Bruxelles, mercredi, les dirigeants du G7 ont adressé un message direct à Vladimir Poutine, qu'ils ont appelé à faire véritablement baisser la tension en Ukraine et à "coopérer" avec le nouveau président Petro Porochenko. Le maître du Kremlin n'a pas exclu de rencontrer ce dernier vendredi, en France. Les dirigeants du club des pays les plus développés ont ainsi réaffirmé leur unité de vue, six mois après le début de la crise ukrainienne. "L'annexion illégale de la Crimée par la Russie et les actions de déstabilisation de l'Est de l'Ukraine sont inacceptables et doivent cesser", ont-ils réclamé dans une déclaration commune.

Prêts à "intensifier les sanctions"

Ils ont de nouveau appelé Moscou à retirer les troupes massées près de la frontière ukrainienne, à arrêter le flux d'armes et de militants séparatistes vers l'Ukraine, et à utiliser leur influence auprès des séparatistes pour qu'ils déposent les armes. Si la tension ne baissait pas, "nous sommes prêts à intensifier les sanctions ciblées et à mettre en oeuvre des sanctions supplémentaires pour imposer de nouveaux coûts à la Russie", ont-ils averti.

Dans ce cas, ces sanctions, susceptibles de frapper l'économie russes, pourraient être décidées au prochain sommet de l'Union européenne qui se tiendra les 26 et 27 juin, a indiqué la chancelière allemande Angela Merkel. "Notre message est: nous voulons résoudre les problèmes" en maintenant "l'équilibre entre la diplomatie et la menace des sanctions", a-t-elle précisé, fidèle à sa volonté de ne pas accroître l'isolement de Moscou.

Poutine répond dans une interview

Indésirable au sommet de Bruxelles après l'exclusion de la Russie du G8, Vladimir Poutine a répondu à distance dans un entretien diffusé par TF1 et Europe 1, à l'heure où les dirigeants du G7 se mettaient à table. Vladimir Poutine a vivement dénoncé les Américains, qu'il a mis au défi de présenter des "preuves" de l'implication militaire russe dans l'est de l'Ukraine. "Des preuves? mais qu'ils les montrent!", a-t-il lancé.

"Nous avons vu, tout le monde a vu, comment le secrétaire d'Etat américain (Colin Powell) avait montré des preuves de la présence d'armes de destruction massive en Irak", a ironisé le chef de l'Etat russe, faisant allusion aux accusations infondées lancées en 2003 par les Etats-Unis pour justifier l'intervention militaire contre Saddam Hussein. Plus tôt dans la journée, le président américain Barack Obama avait tenu à Varsovie un discours très ferme contre la Russie, dénonçant ses "sombres manoeuvres" en Ukraine.

Les présidents américain et russe seront tous les deux à partir de jeudi à Paris puis en Normandie, où sera célébré le 70e anniversaire du Débarquement allié vendredi. Si aucune rencontre bilatérale entre les deux n'est prévue, Vladimir Poutine aura des entretiens jeudi avec François Hollande et David Cameron, et vendredi avec Angela Merkel.

"Je parlerai à tout le monde"

Vladimir Poutine a par ailleurs indiqué être prêt à rencontrer le président élu ukrainien pro-occidental Petro Porochenko, qui sera également présent en France. "Je ne compte éviter personne et parlerai, évidemment, à tout le monde", a précisé le président russe, qui n'a pas formellement reconnu le président élu le 25 mai et qui sera investi samedi à Kiev.

A Varsovie, Barack Obama a rencontré Petro Porochenko, lui apportant un soutien appuyé alors que les troubles se poursuivent dans l'Est de l'Ukraine entre les groupes séparatistes pro-russes et l'armée. L'autre priorité affichée par le G7 est d'aider Petro Porochenko à "stabiliser financièrement, économiquement et politiquement" l'Ukraine, selon Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen.

A.S. avec AFP