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Ukraine: la Russie menace de suspendre les livraisons de gaz

Vladimir Poutine à Sotchi, pour les Jeux Paralympiques, vendredi.

Vladimir Poutine à Sotchi, pour les Jeux Paralympiques, vendredi. - -

Le géant gazier Gazprom a menacé vendredi d'avoir recours à l'arme énergétique. Sur le terrain, en Crimée, la tension est toujours à son comble, et aucune solution diplomatique n'a été trouvée.

Les Jeux Paralympiques de Sotchi se sont ouverts vendredi en présence des athlètes ukrainiens, convaincus à la dernière minute de ne pas boycotter la compétition en dépit de la crise qui frappe leur pays. "Nous restons pour que les gens se souviennent de l'Ukraine, un pays souverain qui a envoyé une équipe ici", ont-ils tranché.

Alors que l'occupation de la Crimée par les troupes russes rappelle les tensions révolues de la guerre froide, le président Vladimir Poutine a émis le voeu que ces Jeux "apaisent un peu les tensions autour de l'Ukraine". Rien de moins sûr.

>> Revivez ici le déroulé de la journée.

> Le chantage au gaz des Russes

• Les observateurs toujours bloqués. Ce même jour, des hommes armés, portant des treillis dépareillés, des cagoules et des fusils d'assaut et brandissant des drapeaux russes, ont interdit l'accès à la Crimée pour la seconde fois aux 47 observateurs militaires de l'OSCE invités par Kiev, provoquant une nouvelle colère des Occidentaux.

Ces observateurs ont pour mission de tenter de faire retomber la tension en Crimée, où les forces russes encerclent des bases militaires ukrainiennes et où le Parlement local, favorable à Moscou, a décidé de se séparer de Kiev et d'organiser le 16 mars un référendum de rattachement de la Crimée à la Russie.

• La menace du gaz. De son côté, Moscou, soumis à des sanctions économiques et diplomatiques des Etats-Unis et de l'Union européenne depuis jeudi, a menacé d'avoir recours à l'arme énergétique. Le géant public russe Gazprom a mis en garde Kiev contre une interruption de ses exportations de gaz si le nouveau pouvoir ne s'acquittait pas au plus vite de ses quelque deux milliards de dollars de dette.

Si l'Europe est peu exposée à des risques de pénurie après un hiver doux et grâce à une diversité d'options de livraisons, l'annonce a tout de même ébranlé les principales bourses européennes. Paris a cédé 1,15%, Londres 1,12%, mais c'est Francfort qui a subi la plus forte baisse, cédant 2,01%.

> La fermeté de l'Occident

• La Crimée déchirée. En Crimée, la tension est restée à son comble, au lendemain de l'annonce très décriée du Parlement local d'organiser un référendum sur le rattachement de cette péninsule à la Russie. Une centaine d'habitants se sont rassemblés pour manifester leur soutien à l'Ukraine, leur pays actuel.

• Bras de fer avec la Russie. Sur la scène diplomatique, malgré d'intenses consultations depuis une semaine, Occidentaux et Russes n'ont pas réussi à trouver de porte de sortie pour la crise. Dans la nuit de jeudi à vendredi, pendant son second très long entretien téléphonique avec Vladimir Poutine en moins d'une semaine, Barack Obama a déclaré que la Russie agissait en violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine, ce qui conduisait les Etats-Unis "à prendre des mesures de représailles, en coordination avec ses partenaires européens".

Pour sa part, Vladimir Poutine a mis en garde son homologue américain contre le risque de "sacrifier" les relations américano-russes pour des "problèmes internationaux isolés, bien qu'extrêmement importants", selon le Kremlin. Le bras de fer se poursuit.

Alexandra Gonzalez avec AFP