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Les sanctions envers la Russie "vont avoir un effet boomerang sur l'Europe"

Alexeï Pouchkov, député russe et président de la commission russe des Affaires étrangères dans les salons de l'Ambassade de Russie à Paris le 6 mars 2014.

Alexeï Pouchkov, député russe et président de la commission russe des Affaires étrangères dans les salons de l'Ambassade de Russie à Paris le 6 mars 2014. - -

Le Conseil européen, réuni à Bruxelles a annoncé jeudi une série de sanctions "à effet immédiat" à l'encontre de la Russie. Si Vladimir Poutine n'a pas encore réagi, un député russe a d'ores et déjà prévenu d'un retour de bâton sur l'Europe.

Vers une Guerre froide entre la Russie et l'Union Européenne? Le sommet de crise qui a réuni le nouveau Premier ministre ukrainien, et 28 autres dirigeants de l'Union européenne, jeudi, s'est transformé en une confrontation diplomatique entre la Russie et Bruxelles.

A l'issue de cette réunion, François Hollande a annoncé les sanctions prises "à l'unanimité" par les pays-membres. Il s'agit de sanctions purement politique, à l'image de celle de suspendre les réunions de préparation du sommet du G8 qui doit se tenir mi-juin à Sotchi, en Russie. Le chef de l'Etat a cependant ajouté "qu'en cas d'aggravation de la situation" d'autres sanctions pourraient être prises, notamment d'ordre économique.

Si la Russie riposte, "il y aura un prix à payer par l'UE"

A l'évocation de ces menaces de sanctions économiques, le député russe et président de la commission russe des Affaires étrangères, Alexeï Pouchkov s'est montré ferme. Il a précisé que dans le cas où des sanctions économiques seraient appliquées à l'encontre du territoire russe, ces "sanctions iraient des deux côtés".

Le député a en effet rappelé que "l'Union européenne commerce énormément avec la Russie, à hauteur de 460 milliards de dollars" et que "de grandes compagnies européennes sont installées en Russie". Inversement, Alexeï Pouchkov a précisé que "la Russie, elle, n'a pas beaucoup d'activités économiques, commerciales et d'investissement en Europe". En clair: l'Union européenne aurait plus à perdre de telles sanctions.

Enfin, Alexeï Pouchkov a laissé la porte ouverte à une résolution de cette crise, devenue mondiale, en affirmant que "personne en Russie ne souhaite la guerre avec l'Ukraine".

Antonin Moriscot