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Royaume-Uni: un élu demande l'évacuation des sans-abris à l'approche du mariage royal

Le château de Windsor, dans l'ouest de Londres (Royaume-Uni), où se déroulera le mariage entre le prince Harry et Meghan Markle le 19 mai 2018

Le château de Windsor, dans l'ouest de Londres (Royaume-Uni), où se déroulera le mariage entre le prince Harry et Meghan Markle le 19 mai 2018 - JUSTIN TALLIS / AFP

Le chef du conseil de la circonscription de Windsor et Maidenhead a demandé aux forces de l'ordre d'expulser les sans-abris de la zone qui accueillera le mariage entre le prince Harry et Meghan Markle en mai prochain.

Les sans-abris ne seront pas les bienvenus au mariage du prince Harry et de Meghan Markle. Un élu de la circonscription de Windsor et Maidenhead, dans laquelle se situe le château de Windsor qui accueillera la cérémonie le 19 mai prochain, a adressé une demande bien précise aux forces de l'ordre.

Dans une lettre remise à la police locale le 2 janvier, consultée par le Guardian, Simon Dudley demande d'agir contre "la mendicité agressive et les tentatives d'intimidation", et de régler le problème des "sacs et détritus laissés par les mendiants qui s'accumulent dans les rues, et posent un problème de sécurité".

"Une belle ville sous un jour peu favorable"

Pour y parvenir, il suggère aux policiers de faire tout simplement partir les sans-abris de la ville de Windsor, en recourant aux lois existantes, et notamment à la loi de 1824 sur le vagabondage (Vagrancy Act), qui interdit le fait de dormir dans la rue et la mendicité. Il fait également référence dans son courrier à la loi de 2014 sur le comportement antisocial, le crime et le maintien de l'ordre (Anti-Social Behaviour, Crime and Policing Act) pour mettre en oeuvre son plan d'action.

Selon lui, il est d'autant plus urgent d'agir que "le niveau d'intérêt touristique devrait se multiplier avec le mariage royal en mai 2018, et [que] les résidents sont de plus en plus préoccupés par leur sécurité". "Cette situation fait apparaître une belle ville sous un jour peu favorable", a-t-il ajouté. L'élu considère qu'éloigner les sans-abris est la seule solution possible, puisque ces derniers "rejettent" les aides proposées par la municipalité. 

Réactions négatives au sommet de l'Etat

Les associations d'aide aux sans-abris et autres élus britanniques n'ont pas tardé à réagir à cette lettre. Pour Murphy James, à la tête du projet d'aide aux sans-abris de Windsor (Windsor Homelessness Project), recourir à la loi de 1824 sur le vagabondage serait "la manière la plus inappropriée de traiter le problème". "Cela signifierait de traiter les gens comme s'ils commettaient un crime, alors qu'il n'y a rien de méchant dans ce qu'ils font", a-t-il indiqué au Guardian. Avant de rappeler que non, "on ne devient pas sans-abri par choix".

La Première ministre et députée du Maidenhead Theresa May a elle aussi contesté publiquement les propos de Simon Dudley:

"Je ne suis pas d'accord avec ce qu'il a dit. Je pense qu'il est important que les collectivités locales travaillent dur pour offrir des logements aux sans-abris", et "qu'elles travaillent en étroite collaboration avec la police pour gérer les quelques problèmes de mendicité agressive" lorsque ceux-ci ont lieu, a-t-elle soutenu.

Céline Penicaud