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Naufrages en Méditerranée: d'où viennent les migrants?

Des migrants secourus par des garde-côtes italiens, dans le port d'Augusta, en Sicile, le 16 avril 2015.

Des migrants secourus par des garde-côtes italiens, dans le port d'Augusta, en Sicile, le 16 avril 2015. - Giovanni Isolino - AFP

Avec 3.500 morts en 2014, la Méditerranée s'est transformée en véritable cimetière de l'immigration. Chaque jour, entre 500 et 1.000 personnes sont récupérées par les garde-côtes italiens ou des navires marchands, et plus de 11.000 l'ont été cette dernière semaine. Pourquoi cet afflux? D'où viennent les migrants? Explications. 

En 2014, 200.000 migrants ont tenté de regagner l'Europe via la Méditerranée. Un chiffre dix fois plus important qu'en 2012, et qui n'a cessé d'augmenter depuis les récents drames de Lampedusa. Venus pour la plupart de Syrie ou d'Erythrée, les migrants sont de plus en plus nombreux à entreprendre la terrible traversée, au péril de leur vie. Comment expliquer cet afflux croissant? BFMTV fait le point.

> Une majorité de Syriens

Rejoindre l'Europe, par tous les moyens et à n'importe quel prix: malgré les dangers que représente la traversée, de plus en plus d'hommes et de femmes choisissent de l'entreprendre. Le dernier drame en date en est la triste illustration: selon le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, 700 migrants pourraient avoir péri dans le naufrage de leur embarcation, ce week-end.

Sans tenir compte de cette nouvelle tragédie, plus de 900 migrants ont perdu la vie depuis le début de l'année en effectuant la traversée entre la Libye et l'Italie, contre moins de 50 sur la même période l'année dernière, quand l'opération Mare nostrum était encore en place. Parmi les 200.000 migrants qui ont bravé la Méditerranée en 2014, les Syriens sont de loin les plus nombreux.

"Le drame de la Syrie continue. Il y a 3,9 millions de réfugiés dans les pays voisins de la Syrie. Le Liban est exsangue, avec un quart de sa population qui est réfugiée", rappelle Philippe Leclerc, représentant du Haut-commissariat pour les réfugiés de l'ONU, sur BFMTV. "Ces personnes cherchent désormais, puisqu'elles ne peuvent pas rentrer, à aller un peu plus loin, c'est-à-dire en Europe".

> La Libye, plaque tournante de l'immigration vers l'Europe

Pour ces Syriens, la route passe par le Liban voisin, puis par la Grèce, ou l'Italie. Autre point de passage: la Libye, toute proche de l'Italie, et de l'île de Lampedusa. Depuis la mort de Mouammar Kadhafi, en 2011, des milices armées font la loi dans le pays, qui ne joue plus son rôle de tampon. Les passeurs y oeuvrent donc en toute impunité.

"Il n'y a plus d'Etat en Libye", rappelle sur BFMTV Pierre Henry, directeur de l'association France Terre d'Asile. "Lorsque la communauté internationale est intervenue il y a quatre ans pour bombarder la Libye et déposer le dictateur, la structure d'un Etat a également été détruite".

Résultat: le pays est devenu la plaque tournante de l'immigration africaine. Parmi les migrants cherchant à quitter le continent, une majorité d'Erythréens, qui fuient leur pays situé dans la Corne de l'Afrique, ravagé par la guerre et la dictature.

CARTE - Les portes d'entrée de l'immigration en Europe, en 2014:

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Adrienne Sigel, avec Antoine Heulard