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Référendum en Catalogne: la police charge les manifestants, au moins 38 blessés

Ce dimanche matin, alors que les Catalans s'apprêtaient à commencer à voter pour le référendum d'autodétermination, interdit par Madrid, des policiers se sont saisis des urnes, dans plusieurs bureaux de vote de la région. Des affrontements entre police et manifestants ont éclaté.

La police nationale espagnole, la Guardia Civil, a saisi des urnes et des bulletins de vote destinés au référendum d'autodétermination de la Catalogne interdit par la justice, a annoncé ce dimanche le ministère de l'Intérieur à l'ouverture des bureaux de vote, à 9 heures, créant une situation confuse et tendue. 

Des urnes saisies et arrachées

"Voici les premières urnes et bulletins saisis par la police à Barcelone. Les agents continuent leur déploiement en Catalogne", affirme le ministère espagnol, photo à l'appui, dans un tweet envoyé à 9 heures.

Une vidéo postée sur le même compte montre des policiers partant avec les urnes, sous les huées et protestations de la foule.

Une vidéo postée sur Twitter par une journaliste de la télévision barcelonaise BTV Noticies, montre des assesseurs tenter de retenir les urnes, tandis des policiers leur arrachent violemment des mains, à l'école Ramon Llull.

La police charge des manifestants à Barcelone 

A Barcelone, la police a chargé des manifestants dans le centre-ville, près d'une école où les forces de l'ordre étaient entrées de force pour saisir des urnes. Selon les services d'urgence, au moins 38 personnes ont été blessées dans ces charges policières. 

"Sur le total des blessés, 35 l'ont été légèrement, trois plus gravement. Neuf d'entre eux ont dû être transportés vers un centre médical. Il s'agit essentiellement de contusions, de vertiges et d'attaques de panique", ont précisé les services dans deux tweets successifs.

La charge s'est produite alors que des manifestants assis barraient le passage aux policiers qui quittaient le bureau de vote. Un manifestant, David Pujol, 37 ans, a montré une blessure à la jambe reçue dans cet affrontement. Selon des témoins, la police a fait usage de balles en caoutchouc. 

Des policiers emmènent un manifestant de force, devant un bureau de vote, à Barcelone, le 1er octobre.
Des policiers emmènent un manifestant de force, devant un bureau de vote, à Barcelone, le 1er octobre. © AFP

La maire de Barcelone, Ada Colau, a réagi à la situation sur Twitter, s'insurgeant contre le fait que le Premier ministre Mariano Rajoy, qu'elle qualifie de "lâche", a "inondé la ville de policiers".

Le bureau de vote du président de région encerclé

A Gérone, la police espagnole a également encerclé le bureau où devait voter le président de la Catalogne, Carles Puigdemont, avant d'y pénétrer de force. Les policiers casqués ont d'abord formé un cordon autour du centre sportif de Gérone pour éloigner la foule, puis ont forcé l'entrée pour saisir le matériel de vote.

Le président catalan est tout de même parvenu à voter, malgré les mesures policières. Il a ensuite dénoncé la "violence injustifiée" dont a fait usage la police nationale à Barcelone pour disperser des manifestants qui voulaient voter. "L'usage injustifié de la violence, irrationnel et irresponsable, de la part de l'Etat espagnol, n'arrête pas la volonté des Catalans", a-t-il déclaré à des journalistes en évoquant "coups de matraque, balles en caoutchouc et agressions indiscriminées" contre des personnes qui manifestaient "pacifiquement".

La police entre de force dans le bureau de vote de Gérone où devait voter le président de la Catalogne.
La police entre de force dans le bureau de vote de Gérone où devait voter le président de la Catalogne. © Lluis Gene - AFP
Adrienne Sigel avec AFP