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Catalogne: Puigdemont propose à Rajoy un délai de 2 mois pour négocier

Le président de Catalogne Carles Puigdemont.

Le président de Catalogne Carles Puigdemont. - Lluis Gene - AFP

L'exécutif catalan repousse l'ultimatum imposé par le gouvernement espagnol. Et le gouvernement lui oppose une fin de non recevoir et lui demande une réponse "jeudi au plus tard".

Botter en touche. Le président séparatiste de Catalogne Carles Puigdemont annonce lundi, dans une lettre au gouvernement espagnol, son souhait de "suspendre" pendant deux mois le mandat confié par les Catalans d'aller vers un pays indépendant pour entamer un dialogue.

Carles Puigdemont a expliqué vouloir rencontrer Mariano Rajoy "le plus vite possible". Mais le gouvernement a peu après estimé que l'exécutif catalan, "n'apporte pas les clarifications demandées". "Je pense qu'elle ne constitue pas une réponse à la mise en demeure", a précisé le ministre des Affaires étrangères Alfonso Dastis.

"Sur un sujet aussi important que celui-ci, nous avons demandé et nous demandons de la clarté", a déclaré la vice-présidente du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria à la presse en rappelant qu'un délai court jusqu'à jeudi. "La persévérance dans la confusion est incompréhensible", a-t-elle ajouté.

"Vous amener à dialoguer"

Pour l'instant, c'est un dialogue de sourds qui s'installe entre le gouvernement central et les Catalans. Dans sa lettre il semble préférer une nouvelle fois de jouer la montre, sans répondre directement à Madrid et en appelant encore au dialogue. "Pendant les deux prochains mois, notre principal objectif est de vous amener à dialoguer", écrit-il au chef du gouvernement Mariano Rajoy, après avoir évoqué la "suspension du mandat" confié par les Catalans qui ont selon lui voté pour l'indépendance.

Carles Puigdemont répond ainsi à la question du gouvernement qui lui avait laissé jusqu'à lundi pour répondre s'il avait déclaré ou non l'indépendance.

Le gouvernement espagnol, les dirigeants européens et les milieux d'affaires ont appelé le leader catalan à faire marche arrière, alors que des centaines d'entreprises ont commencé à fuir la région. Les alliés de Carles Puigdemont et les puissantes associations séparatistes, à l'inverse, l'encouragent à aller de l'avant pour proclamer sans équivoque la naissance de la "République de Catalogne".

Bien que la société catalane soit divisée presque à parts égales sur l'indépendance, les séparatistes légitiment leur projet d'indépendance par le référendum du 1er octobre qu'ils affirment avoir remporté avec 90% des voix et 43% de participation. Ce scrutin a entraîné la plus grave crise politique en Espagne depuis le retour de la démocratie en 1977.

David Namias avec AFP