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Londres à nouveau victime d'un attentat difficile à prévoir

Les terroristes ont utilisé un camionnette pour faucher la foule sur le London Bridge.

Les terroristes ont utilisé un camionnette pour faucher la foule sur le London Bridge. - Capture BFMTV

Trois hommes ont attaqué la foule à Londres en fonçant sur des passants avec un véhicule avant d'attaquer les gens au hasard au couteau. Un mode opératoire qui nécessite peu de moyens pour une attaque difficilement détectable par les services de renseignement.

24 heures après l'attaque de Londres, Daesh a revendiqué l'attentat perpétré par, selon l'organisation terroriste, "un détachement de l'Etat islamique". "Une cellule sécuritaire", autrement dit "une cellule dormante", composée de trois hommes qui sont passés à l'acte samedi soir dans le quartier de London Bridge tuant sept personnes et en blessant 48 autres. Pour la troisième fois en trois mois, le Royaume-Uni est endeuillé par le terrorisme. 

Comme pour l'attentat de Westminster qui s'est déroulé le 22 mars dernier, ce soir, les jihadistes ont utilisé un véhicule pour faucher la foule qui se baladait sur le London Bridge. Les trois hommes sont alors sortis de la camionnette armés de couteau pour faire le plus de victimes. Un mode opératoire presque trop simple pour que les services de lutte antiterroriste puissent anticiper ou empêcher l'attaque.

"Quelqu'un qui va louer une camionnette, qui va embarquer deux copains qui vont prendre chacun un couteau de cuisine dans leur poche, puis qui vont rouler sur un trottoir et qui vont ensuite, une fois que le véhicule est immobilisé par une grille, par une borne, les pneus crevés, le train avant cassé, et bien ils vont descendre de leur camionnette et agresser des patients, c'est absolument impossible à déjouer", estime Dominique Rizet, spécialiste police-justice de BFMTV.

"Terrorisme low cost"

Après l'attentat de Manchester le 22 mai dernier, les autorités britanniques avaient rabaissé le niveau d'alerte de "critique" à "grave". Certains y voient un argument pour critiquer le gouvernement de Theresa May, mais pour autant ce modus operandi, qui ne nécessite pas de gros moyens de préparation pour les jihadistes, est difficilement détectable par les services de renseignement.

"On est sur du terrorisme low cost, indique Chems Akrouf, expert en renseignement. L'attaque ne nécessite pas beaucoup de préparation. On est sur des axes où il y a beaucoup de gens qui circulent donc très difficile à détecter si les individus ne faisaient pas l'objet d'une surveillance par les services de renseignement britanniques."

"Détection des 'signaux faibles'"

Les enquêteurs britanniques tentent désormais de savoir si les trois hommes abattus samedi soir par les policiers londoniens, huit minutes après le premier appel de détresse, ont agi seuls ou dans une cellule plus importante. Douze personnes ont été interpellés dimanche. Une a été relâchée, les onze autres sont toujours en garde à vue. Après l'attentat de Manchester, dix-sept personnes ont été interpellées, onze se trouvent toujours détenus, alors que l'auteur présumé de l'attaque, Salman Abedi avait rejoint la Libye quelques jours avant de revenir en Grande-Bretagne.

Le retour massif de jihadiste ayant séjourné en zone irako-syrienne est le fléau des services de lutte anti-terroriste. Selon le commissaire européen pour la sécurité, Julian King, 2.500 combattants européens de Daesh se trouveraient sur place. 400 sont Français. Alors qu'Emmanuel Macron insiste sur la création d'une "task force" - sorte de super-cellule de renseignements pour lutter contre le terrorisme - au quotidien, ces services français portent "une attention spéciale à la détection des 'signaux faibles'".

"Cela est crucial pour prévenir de nouveaux attentats selon le mode opératoire observé à Londres samedi", rappelle dans Le Parisien Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur.

Justine Chevalier