BFMTV
Russie

Guerre en Ukraine: Vladimir Poutine pourrait-il accepter la défaite?

Le président russe semble prisonnier d'une fuite en avant dans laquelle il ne peut concéder une défaite, qui signerait probablement la fin de son régime. Le risque qu'il choisisse l'escalade, jusqu'à l'utilisation de l'arme nucléaire, inquiète.

Les troupes ukrainiennes continuent de reprendre du terrain aux Russes. L'armée de Kiev fait reculer la ligne de front au nord-est et au sud de l'Ukraine. Une déroute militaire pour le Kremlin qui laisse entrevoir l'espoir d'une victoire ukrainienne dans ce conflit.

"Vladimir Poutine a perdu la guerre en Ukraine mais il ne le sait pas encore", affirme sur BFMTV le général Michel Yakovleff, ancien vice-chef d’État-major du Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (OTAN).

Si la tendance se poursuit, reste à savoir si Vladimir Poutine acceptera l'échec de son "opération spéciale" ou, à l'inverse, choisira l'escalade.

"Il cherche à reprendre la main"

"Je ne peux pas imaginer Vladimir Poutine accepter une défaite", confie Sergueï Buntman, journaliste et traducteur russe. Difficile, en effet, d'imaginer l'homme fort du Kremlin concéder une déroute de manière loyale. Il ne l'a, par ailleurs, jamais fait depuis le début du conflit.

"Dans son discours vendredi, il annonce l'annexion des quatre régions du Donbass comme une victoire alors que l'objectif initial était de conquérir toute l'Ukraine", affirme l'ancien président français François Hollande, au micro de BFMTV, estimant que le dirigeant russe cherche à "camoufler une défaite".

À l'inverse, "il reste dans un état d'esprit combatif: la réalité de la situation sur le terrain n'échappe à personne, y compris à Vladimir Poutine, donc il cherche à reprendre la main", analyse Thierry Arnaud, éditorialiste politique internationale pour BFMTV.

"C'est toute la séquence à laquelle on assiste depuis une dizaine de jours avec la mobilisation, l'organisation des pseudo-référendum et la grande victoire annoncée vendredi dans un discours", poursuit-il.

"On voit bien que ce n'est pas acceptable et supportable pour lui d'aller devant le monde et de dire 'je suis en train de perdre face à l'Ukraine'".

"S'il utilise le nucléaire, il est mort politiquement"

Plutôt que d'accepter une défaite, le président russe, qui puise sa légitimité dans sa force, choisira peut-être l'escalade. "Avec Vladimir Poutine, il faut toujours prendre au sérieux les risques d'escalade, on l'a bien vu avec les menaces qui pèsent sur la centrale nucléaire" de Zaporijia, analyse dans ce sens François Hollande.

Si l'option reste pour le moment peu probable, plane toujours la menace de l'arme nucléaire. Il y a quelques jours, le dirigeant tchétchène Ramzan Kadyrov a d'ailleurs appelé Moscou à utiliser "des armes nucléaires de faible puissance" en Ukraine.

"Vladimir Poutine sait que s'il utilise le nucléaire, il est mort politiquement. Il sera un paria à l'échelle de la planète, il sera rejeté même par les Chinois et ses plus fidèles alliés", explique Ulysse Gosset, éditorialiste pour BFMTV.

Vladimir Poutine semble ainsi prisonnier d'une fuite en avant dans laquelle il ne peut concéder une défaite, qui signerait probablement la fin de son régime.

Salomé Robles