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Trump accuse Obama et Clinton d'avoir créé Daesh et s'attire les foudres des démocrates

Donald Trump lors d'un meeting à Fort Lauderdale, en Floride, le 10 août.

Donald Trump lors d'un meeting à Fort Lauderdale, en Floride, le 10 août. - Joe Raedle - Getty Images North America - AFP

En chute libre dans les sondages après ses dernières sorties polémiques, Donald Trump tente de se relancer en accusant Barack Obama et Hillary Clinton d'être les fondateurs de Daesh. L'équipe de campagne de la candidate démocrate a aussitôt riposté.

Un jour, une polémique. Après avoir lancé, mardi, un appel non voilé à la violence contre sa rivale, le candidat républicain à la Maison Blanche suscite de nouveau la controverse en accusant Barack Obama et Hillary Clinton d'être à l'origine de la création de l'organisation jihadiste Daesh. Une déclaration incendiaire mais assumée, visant à reprendre le contrôle d'une campagne qui semble échapper au magnat de l'immobilier, en difficulté dans les derniers sondages.

"Daesh va leur donner le prix du meilleur joueur"

"J'appelle le président Obama et Hillary Clinton les fondateurs de l'EI" (l'Etat islamique, l'autre nom de Daesh, Ndlr). Dans plusieurs réunions publiques et en interview depuis mercredi, Donald Trump n'a cessé de répéter cette phrase, faisant ainsi passer au second plan les multiples controverses qui ont éclaté depuis la fin du mois de juillet et ont contribué à sa chute dans les sondages. 

Ainsi, lors d'un meeting à Fort Lauderdale, en Floride, le milliardaire a d'abord accusé Barack Obama d'avoir semé le "chaos" au Moyen-Orient, puis estimé que l'EI faisait "honneur au président Obama". 

"Il (Barack Obama) est le fondateur de l'EI", s'est-il exclamé devant une foule de sympathisants. "Il est le fondateur de l'EI, d'accord? C'est lui le fondateur! Il a créé l'EI", a-t-il martelé, avant de s'en prendre à sa rivale démocrate à la présidentielle de novembre. "Je dirais que la co-fondatrice est cette tordue d'Hillary Clinton", l'ancienne secrétaire d'Etat, a encore lancé le candidat républicain.

"Ils sont les fondateurs de l'EI car ils ont fait preuve de manque de jugement", a également justifié Donald Trump devant une assemblée de pasteurs conservateurs, à Orlando, toujours en Floride. Et d'ajouter: "L'EI va leur donner le prix du meilleur joueur".

En accusant Barack Obama et Hillary Clinton, aux manettes de la diplomatie américaine de 2009 à 2013, d'avoir laissé les coudées franches aux jihadistes en retirant les troupes américaines d'Irak fin 2011, Donald Trump revient en terrain plus connu: le terrorisme. Et ce après avoir provoqué moult controverses notamment sur la question des armes à feu, ou de l'islam. 

Les mêmes arguments que Poutine, selon l'équipe Clinton

Une nouvelle sortie provocatrice, que l'équipe de campagne d'Hillary Clinton s'est empressée de dénoncer, raillant les lacunes du milliardaire en matière d'affaires internationales.

"Les propos de Donald Trump sont remarquables car ils font une nouvelle fois écho aux arguments utilisés par (le président russe Vladimir) Poutine et nos adversaires pour attaquer les dirigeants américains et les intérêts américains, tout en négligeant de formuler des propositions sérieuses pour lutter contre le terrorisme", a déclaré le conseiller d'Hillary Clinton Jake Sullivan.

La démocrate recueillait jeudi 48% des intentions de vote contre 40% pour Donald Trump, selon la moyenne des derniers sondages calculée par le site Real Clear Politics. Elle n'avait eu autant d'avance depuis le mois d'avril.

Sa stratégie est fixée depuis des semaines: dépeindre Donald Trump comme un personnage instable et incompétent, courtiser l'électorat ouvrier blanc avec un discours de revitalisation économique, et tendre la main aux républicains et centristes écoeurés par la personnalité de Donald Trump.
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Barack Obama

A.S. avec AFP