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Daesh, Mexique, Israël: le monde selon Donald Trump

Donald Trump lors d'un meeting en Caroline du Sud, le 17 février 2016.

Donald Trump lors d'un meeting en Caroline du Sud, le 17 février 2016. - Jim Watson - AFP

Depuis le début de sa campagne, le candidat républicain qui accumule les victoires aux primaires a multiplié les sorties fracassantes en matière de politique étrangère, laissant entrevoir à quoi ressemblerait sa gestion des affaires internationales s'il venait à accéder à la Maison Blanche.

Le triomphe de Donald Trump lors des primaires du "Super Tuesday" a conforté sa position de probable candidat républicain à la Maison Blanche, pour l'élection présidentielle de novembre, et ses chances d'accéder à la dernière ligne droite sont désormais considérées sérieusement par tous les analystes de la vie politique américaine.

Dès lors, et au regard des sorties fracassantes dont l'homme d'affaires s'est fait une spécialité, une question agite les esprits: à quoi ressemblerait la politique étrangère des Etats-Unis si le milliardaire venait à accéder à la Maison Blanche? Florilège des positions, souvent très tranchées, de Donald Trump sur plusieurs dossiers internationaux majeurs. 

> Sur Daesh

Donald Trump, le candidat qui va "botter le cul de Daesh". Si les mots ne sont pas de l'homme d'affaires lui-même, mais de l'ancienne figure du Tea Party, Sarah Palin, qui lui avait apporté son soutien au mois de janvier, ils résument assez bien la position du favori du camp républicain dans la lutte contre les jihadistes, qu'il a, pèle-mêle traité de "losers" ("perdants"), de "dégénérés de faible niveau", ou encore de "thugs" ("voyous", un adjectif généralement attribué aux gangsters).

Toutefois, Trump s'est engagé à frapper Daesh uniquement en Irak, notamment en ciblant les sites pétroliers dont l'organisation jihadiste a pris le contrôle, afin de couper ses revenus financiers. En revanche, pas question pour lui d'intervenir en Syrie, où il estime que Bachar al-Assad et son allié Vladimir Poutine gèrent bien la situation. 

> Sur le Mexique 

Donald Trump le martèle depuis son entrée en campagne: s'il est élu, il fera construire un mur à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique pour lutter contre l'immigration illégale, mais aussi contre les trafics, en lieu et place de l'actuel grillage. Une proposition dont le milliardaire a fini par faire sa mesure phare, et qui illustre ses idées en matière d'immigration. 

Le magnat de l'immobilier veut faire payer ce mur par le Mexique lui-même, et n'hésitera pas à contraindre Mexico à sortir le carnet de chèques, à grand renfort de menaces économiques, telles que des amendes distribuées aux hommes d'affaires mexicains de passage aux Etats-Unis.

> Sur Israël

A l'inverse de ses positions franches sur la question de l'immigration mexicaine, ou sur les musulmans, l'avis de Donald Trump sur le dossier israélo-palestinien reste assez flou. Ainsi, s'il assure être "neutre" au sujet de la paix entre Israéliens et Palestiniens, il se dit toutefois "très pro-Israël", et a apporté son soutien à l'Etat juif à plusieurs reprises.

En décembre dernier, le milliardaire avait prévu de rencontrer Benjamin Netanyahu sur place, mais avait finalement été contraint d'annuler son voyage, en raison de la polémique suscitée par ses propos sur les musulmans.

> Sur Guantanamo

Alors que la fermeture de la prison de Guantanamo, où 91 détenus sont toujours enfermés, restera l'une des volontés inabouties de Barack Obama, les candidats républicains en lice pour l'investiture se sont prononcés pour le maintien du centre de détention situé dans l'enclave cubaine, où sont passés 780 prisonniers. Sans surprise, le candidat Trump s'est lui aussi récemment prononcé pour ce maintien, et a même affirmé qu'il y enverrait plus de prisonniers.

L'homme d'affaires souhaite d'ailleurs rétablir la torture contre les terroristes lors des interrogatoires, et notamment le très controversé "waterboarding", cette pratique visant à simuler une sensation de noyade. Une proposition qui lui a valu de nombreuses critiques, et l'a forcé à opérer un rétropédalage, le 4 mars.

> Sur le commerce avec la Chine

Donald Trump considère la Chine comme le principal responsable de la chute des marchés américains et l'accuse de "dicter l'agenda" économique des Etats-Unis. Dans un entretien au New York Times, il a affirmé son souhait d'imposer des droits de douane de l'ordre de 45% sur les importations chinoises. Des propos qu'il a ensuite entrepris de démentir.

> Sur les alliés asiatiques

Pour Trump, le Japon et la Corée du Sud doivent participer davantage au financement de la présence militaire américaine sur leur sol. "Nous n'avons rien en retour. Je ne dis pas que nous allons laisser quoi que ce soit leur arriver. Mais ils doivent nous aider", a-t-il ainsi affirmé.