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Boston: "le but de ces explosions, frapper le plus de monde possible"

La police du Massachussets a commencé à passer Boston au peigne fin, quelques minutes après les explosions.

La police du Massachussets a commencé à passer Boston au peigne fin, quelques minutes après les explosions. - -

Les incertitudes demeurent sur les explosions de Boston. Que révèle le modus operandi, et comment vont s'y prendre les enquêteurs? Tentatives de réponses.

Au lendemain des explosions de Boston, les Etats-Unis sont sous le choc. Et les questions s’accumulent: qui est à l’origine de ces deux explosions, qui ont causé la mort de trois personnes et blessé 176 autres? Comment l’enquête est-elle menée par la police américaine?

Mardi, le FBI a donné une première conférence de presse indiquant qu’il n’existait "pas d’autres menaces connues". Prélèvements, interrogatoires, tout reste à faire, et la police passe désormais la ville au peigne fin.

> Comment les enquêteurs travaillent

"L’enquête commence dans la rue, explique sur BFMTV Claude Moniquet, expert en terrorisme. Les policiers vont ramasser des morceaux, de métal et d’emballages. Une série de petits éléments parfois microscopiques qui vont finir, aux yeux de la police scientifique, par faire sens et permettre de trouver ce qu’on appelle une signature: la signature d’une bombe", poursuit-il.

Mais le modus operandi d’un tel événement ne suffit pas à identifier un suspect. "D’autant que certains peuvent se copier les uns les autres, ajoute Claude Moniquet. Mais si on a l’apport conjoint de la signature et du renseignement, on peut arriver assez rapidement à une conclusion."

> Qui peut être à l'origine des explosions?

Difficile à dire pour l’instant, puisque personne n'a revendiqué être à l'origine des explosions. S'agit-il de terrorisme intérieur ou extérieur? "Pour l’instant les éléments vont dans deux sens, explique Claude Moniquet: le multiciblage, c’est-à-dire le fait que plusieurs bombes explosent sur un laps de temps très court à des endroits différents, c’est une signature qui est plutôt celle du terrorisme islamiste – on a retrouvé cette façon de faire à Londres, ou Madrid".

Mais la nature des bombes aurait tendance à orienter vers une autre piste. "L’utilisation de 'pipe bombs', c’est-à-dire de tuyaux sciés, remplis d’explosifs fermés auquel on connecte un système de mise à feu rudimentaire, ressemble plutôt à l’extrême droite américaine, estime Claude Moniquet. Mais en général, l’extrême-droite américaine préfère les cibles symboliques. L’attentat dans la foule, cela leur ressemble moins."

> Faut-il voir un indice dans le "Patriot Day"?

Le fait que ces bombes aient explosé le jour du Patriot Day, jour de fête qui commémore les batailles de la guerre d'indépendance américaine, peut-il être considéré comme un indice dans l'enquête? "Il ne faut pas forcément voir un symbole dans le choix du jour", estime Claude Moniquet.

"Même si rien n'est à exclure, c'est plutôt le marathon qui doit attirer l'attention, poursuit l'expert en terrorisme. La ou les personnes à l'origine de ces bombes ont voulu frapper le plus de civils possible: d'où le choix d'une manifestation de grande ampleur, à laquelle vont se rendre de nombreuses personnes."

> Un loup solitaire?

Le FBI a précisé mardi que pour le moment, aucun suspect n'était en garde à vue. Mais la police cherche-t-elle un ou plusieurs suspects?

Pour Claude Moniquet, "le fait qu'il n'y ait eu 'que' deux bombes laisse la question ouverte. Une personne seule a très bien pu les déclencher sans l'aide de complices. Tout dépend du mécanisme de mise à feu qui a été utilisé. L'usage d'un timer aurait permis par exemple de les déclencher simultanément".

Une ou plusieurs personnes qui n'avaient pas émis de menaces. Le FBI a rappelé qu'il n'avait "pas d'informations sur des menaces avant le marathon."


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A.K.