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Accord de Paris: quelles seraient les conséquences d'un retrait des Etats-Unis?

Donald Trump, le 31 mai 2017.

Donald Trump, le 31 mai 2017. - Saul Loeb - AFP

Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat. Ce traité avait été signé fin 2015 pendant la COP21.

Après plusieurs jours à entretenir le suspense, Donald Trump a annoncé jeudi soir le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris signé au terme de la COP21, en décembre 2015. Après un G7 marqué par de fortes dissensions sur le sujet de la lutte contre le réchauffement climatique, le verdict du président américain est motivé par des questions économiques, malgré les pressions internationales.

Quels sont les effets du retrait du deuxième émetteur de gaz à effet de serre de la planète de cet engagement historique? Explications. 

En quoi consiste l'accord?

Signé le 12 décembre 2015 à Paris, dans le cadre de la COP21, par 195 pays, et ratifié depuis par 147, l'accord prévoit notamment de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Toutefois, la portée réelle de cette accord reste relative, étant donné qu'il est non contraignant et que chaque pays s'est fixé ses propres objectifs.

Donald Trump avait fait du retrait de son pays de l'Accord de Paris l'un des thèmes phares de sa campagne pour la présidentielle américaine de 2016. Après sa victoire, il avait rapidement donné le ton de sa politique environnementale, en nommant Scott Pruitt, un climatosceptique convaincu, à la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA).

En retirant les Etats-Unis de ce premier accord universel sur le climat, Donald Trump revient sur l'une des avancées majeures de l'ère Obama en matière de politique climatique. Dans le cadre de l'accord de Paris, son prédécesseur s'était en effet engagé à ce que les Etats-Unis réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% d'ici à 2025, par rapport aux taux de 2005. Très peu sensible à la question et fervent défenseur des énergies fossiles, Donald Trump a, lui, entrepris de relancer la politique du charbon, et a d'ailleurs signé un décret en ce sens le 28 mars dernier

Jusqu'à 0,3 degré de réchauffement imputable aux Etats-Unis

  • Dans les faits, le retrait des Etats-Unis de l'accord aura des effets concrets sur le réchauffement climatique. Comme l'explique Europe 1, une simulation pour tenter de mesurer ces effets a été réalisée par des chercheurs de l'organisation Climate Interactiveet selon leurs projections, la quantité de gaz à effet de serre pourrait augmenter de 3 milliards de tonnes d'équivalent C02 par an, d'ici à 2030. Ce qui aurait pour conséquence un réchauffement de 0,3 degré imputable aux Etats-Unis, sur les 3 degrés globalement prévus par les scientifiques.

Une autre projection, réalisée cette fois-ci par l'organisation Climate Action Tracker, table elle sur un réchauffement de 0,1 à 0,2 degré lié aux Etats-Unis.

Autrement dit, le départ des Etats-Unis rend l'objectif de limitation du réchauffement encore plus difficile à atteindre. 

Un risque d'effet boule de neige

En outre, le retrait des Etats-Unis pourrait faire effet boule de neige. "L'accord va continuer d'exister, que les Etats-Unis restent ou non. Mais ce serait de très mauvaise augure, cela pourrait donner des idées à d'autres pays qui se poseraient la question de maintenir leurs engagements", faisait ainsi valoir avant l'annonce Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

"Et surtout il faut rappeler que les Etats-Unis sont parmi les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre de la planète, donc si les Etats-Unis ne font pas d'effort pour réduire leurs émissions de CO2 et lutter contre le dérèglement climatique, cela va demander aux autres pays de faire encore plus d'efforts. Les autres pays vont devoir faire tous les efforts que les Etats-Unis ne feront pas", insistait-t-il. 

De leur côté, la Chine et l'Union européenne, deux piliers parmi les signataires, se sont dites prêtes à défendre l'Accord de Paris, et ce quelle que soit la décision de Donald Trump.

De lourdes conséquences financières 

Un départ des Etats-Unis a également pour conséquence une augmentation de la facture des autres poids lourds faisant partie des signataires, comme la Chine, la Russie, et les pays de l'Union européenne.

En effet, l'accord de Paris prévoit un soutien économique des pays riches aux pays en voie de développement, en l'occurrence une aide de 100 milliards de dollars par an (soit 89 milliards d'euros), à partir de 2020.