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Donald Trump est-il menacé par le plaider-coupable de son ex-avocat?

Michael Cohen a reconnu mardi devant un juge new-yorkais avoir versé de l'argent à deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump en échange de leur silence, "à la demande du candidat" et afin "d'influencer l'élection". Ce que le président américain a toujours nié.

La journée du 21 août marque un double coup dur pour Donald Trump. D'une part, son ancien directeur de campagne Paul Manafort a été condamné pour fraude bancaire et fiscale, sans que cela n'implique directement le président américain. De l'autre, son ex-avocat personnel, Michael Cohen, fidèle à Donald Trump depuis une dizaine d'années, a plaidé coupable de fraude fiscale et de violation des lois sur le financement des campagnes électorales.

Concrètement, Michael Cohen a déclaré devant le juge avoir versé 130.000 et 150.000 dollars pour acheter le silence de deux femmes affirmant avoir eu une liaison avec Donald Trump, et ce "à la demande du candidat" afin "d'influencer l'élection". Des aveux qui sous-entendent que le président américain lui-même pourrait avoir commis un délit.

"Si ces versements constituent un crime pour Michael Cohen, pourquoi ne constitueraient-ils pas un crime pour Donald Trump?", interroge le conseil de l'ex-avocat dans un communiqué.

"Il y a un risque de parjure"

Or, jusque-là, Donald Trump a toujours nié tout acte contraire à la loi dans ces affaires. "Il a dit exactement le contraire, donc il y a un risque de parjure", analyse sur BFMTV notre éditorialiste Ulysse Gosset. Ce coup dur pourrait-il mener à une destitution du président américain?

"N'oublions pas une chose essentielle aux Etats-Unis: rien ne peut se faire sans l'aval du Congrès", rappelle l'éditorialiste. La Chambre des représentants adopte ou rejette la motion d'impeachment, ce qui en cas d'adoption ouvre un procès devant le Sénat (l'autre chambre du Congrès).

Des élections de mi-mandat décisives

Un Congrès actuellement aux mains des Républicains, qui doit être renouvelé (en partie pour le Sénat, en totalité pour les représentants) lors des élections de mi-mandat en novembre prochain. Le scrutin pourrait bien être décisif pour Trump: si les Démocrates reprennent le contrôle de la Chambre des représentants, une procédure de destitution pourrait être enclenchée.

Si procédure il y a, "cela prendra des mois, pour ne pas dire des années", nuance toutefois Ulysse Gosset. "On peut imaginer que tous les avocats du président, les soutiens au Sénat, à la Chambre, se mettent en mouvement pour empêcher la destitution" pendant le procès.

Toujours est-il que le plaider coupable de Michael Cohen, qui semble déterminé à ne pas tomber seul, complique sérieusement les affaires de Donald Trump qui, au-delà des élections de mi-mandat, prépare déjà sa campagne de réélection pour 2020.

Liv Audigane, avec AFP