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Coupe des confédérations, JMJ, Mondial: le Brésil sous haute-tension

Un manifestant brésilien portant le masque des Anonymous, à Sao Paulo.

Un manifestant brésilien portant le masque des Anonymous, à Sao Paulo. - -

Deux "religions" pourraient avoir à pâtir des manifestations de masse qui secouent le Brésil: le foot et le catholicisme. Les autorités sportives et politiques, après avoir cru à un feu de paille, essaient toujours d'éteindre l'incendie.

"Le foot est plus fort que l'insatisfaction des gens", avait lancé le président de la Fifa Sepp Blatter dans le quotidien Estado de Sao Paulo, au lendemain des premières manifestations de masse qui continuent de secouer le Brésil. Il se trompait.

A tel point que la Fifa, a dû réaffirmer vendredi, cette fois par la voix de son secrétaire général, que le Mondial-2014 de football "doit avoir lieu au Brésil". Jérôme Valcke a aussi assuré de sa volonté de faire en sorte que la Coupe des confédérations qui se joue actuellement "se passe dans les meilleures conditions".

Les rumeurs d'annulations ou de départs démenties

Le porte-parole de la Fifa Pekka Odriozola avait déjà déclaré dans la matinée qu'"à aucun moment nous n'avons envisagé ou discuté l'annulation" de la Coupe des confédérations ni du Mondial l'an prochain. Il répondait indirectement à certains médias brésiliens avaient relayé des rumeurs dans ce sens, au lendemain des manifestations parfois violentes qui ont rassemblé 1,2 million de Brésiliens dans les rues du pays. A Salvador de Bahia, des manifestants ont caillassé jeudi des minibus de la Fifa et la façade de l'hôtel où étaient logés certains de ses membres, avant le match Uruguay-Nigeria comptant pour la Coupe des Confédérations.

Même son de cloche pour le sélectionneur de l'Italie Cesare Prandelli qui a démenti vendredi soir la rumeur selon laquelle son équipe avait demandé à quitter la Coupe des Confédérations. "Nos dirigeants n'ont absolument pas proposé de rentrer à la maison", a dit le technicien vendredi en conférence de presse à Salvador de Bahia, à la veille d'affronter le Brésil dans le groupe A.

Un climat peu propice à la venue du pape pour les JMJ

Les Journées mondiales de la jeunesse catholique sont programmées entre le 23 et le 28 juillet à Rio. Plus de deux millions de jeunes pèlerins sont attendus à ces rencontres en présence du nouveau pape François qui y fera son premier grand déplacement à l'étranger.

Mais au train où vont les choses, chef de cabinet à la présidence, Gilberto Carvalho a averti qu'il fallait "nous préparer à l'éventualité que les JMJ se déroulent dans le climat de manifestations actuel". "La situation évolue tellement vite qu'on ne peut pas faire de prophétie, dire qu'il va se passer ceci ou cela. Ce serait téméraire, mais nous devons être préparés", a ajouté ce responsable.

Les autorités sous pression

Face à l'ampleur du mouvement, la présidente Dilma Rousseff a réuni d'urgence vendredi ses principaux ministres, dont celui de la Justice Eduardo Cardozo pour évaluer la pire crise politique depuis 2005. A l'époque, l'ex-président Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2010) avait échappé de justesse à la destitution en raison du scandale de corruption du "Mensalao".

Au terme de cette réunion de crise, la présidente a décidé de s'adresser aux Brésiliens dans une allocution radiotélévisée à 2h00 samedi.

De nouvelles mobilisations moins importantes sont prévues vendredi dans la soirée dans au moins 35 villes du pays.


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David Namias avec AFP