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Alexandre Benalla raconte ses rencontres avec Alexandre Djouhri, qui "agacent beaucoup" l'Elysée

Alexandre Benalla

Alexandre Benalla - Bertrand GUAY / AFP

En plus de ses contacts africains, qui apparaissent à présent au grand jour, Alexandre Benalla a noué une autre relation troublante avec Alexandre Djouhri. Il a déclaré dans Le Monde, publié ce jeudi, qu'il avait rencontré trois fois ce sulfureux homme d'affaires français.

La révélation par la presse ces derniers jours de ses nombreux voyages africains lors des dernières semaines le montrent assez. Depuis qu'il a dû cesser ses activités élyséennes, devant le scandale suscité par les coups portés à un homme en marge d'une manifestation le 1er mai dernier à Paris puis ses mises en examen, Alexandre Benalla navigue dans le milieu des intermédiaires. Ce terme est suffisamment vague pour désigner habituellement des individus hybrides, louvoyant entre monde des affaires et diplomatie informelle. Dans un article paru ce jeudi sur le site internet du Monde, Alexandre Benalla a confirmé qu'il avait même fait connaissance avec l'un des plus célèbres d'entre eux: Alexandre Djouhri. 

"Sulfureux, pas sulfureux, je ne connais pas" 

Alexandre Djouhri est un homme d'affaires français, ayant flirté avec le banditisme dans sa jeunesse, qui fut lié à Nicolas Sarkozy. Il est recherché par la justice française qui le soupçonne d'être impliqué dans un possible financement libyen de la campagne présidentielle de ce dernier en 2007. C'est à ce titre qu'il a été interpellé en janvier dernier à l'aéroport londonien d'Heathrow. L'individu de 59 ans est toujours sur le sol britannique, mais placé sous contrôle judiciaire en attente de son extradition vers la France. 

Ce séjour britannique a pu faciliter ses rencontres avec Alexandre Benalla, qui vit à présent à Londres avec sa femme et son bébé. Alexandre Benalla a reconnu avoir vu Alexandre Djouhri à trois reprises. L'une de ces entrevues s'est tenue dans un restaurant japonais huppé de Londres, appelé le Zuma. "J’ai voulu le voir. Me faire mon avis. Je connais la loi. A ma connaissance son casier est vierge. Sulfureux pas sulfureux, je connais pas. Ce que je connais, c’est la loi", a argué Alexandre Benalla auprès du Monde.

Benalla contre "les technos" 

Selon lui, ils se sont même découverts des points communs: "Il y a un certain racisme dans notre pays. Que ce soit lui ou moi, on est renvoyé à nos origines, une manière de dire que l’on n’est pas à notre place." Il a poursuivi en assurant qu'il "continuerait" ce qu'il faisait, s'en prenant à l'entourage d'Emmanuel Macron, "archétypes des technos qui ne supportent pas quelqu’un qui n’est pas issu de leur milieu". Cette relation nouée avec Alexandre Djouhri "agace beaucoup l'Elysée", a même badiné Alexandre Benalla. 

Il est également familier, dorénavant, avec Germain Djouhri, fils d'Alexandre Djouhri, avec qui il évoque le mondes des affaires, et notamment la Russie. 

Robin Verner