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Le Drian à Bangui: la Centrafrique est "à la dérive"

Jean-Yves Le Drian en mars 2013.

Jean-Yves Le Drian en mars 2013. - -

Le ministre de la Défense est en Centrafrique, ce vendredi, moins de trois jours après le président de la République, pour rencontrer les soldats français.

Deux jours après François Hollande, Jean-Yves Le Drian est à Bangui. Le ministre de la Défense est arrivé ce vendredi matin dans la capitale centrafricaine, où il doit s'entretenir avec les autorités de transition et rencontrer les forces françaises déployées dans le pays, a indiqué son entourage.

"Soutien de la nation"

A son arrivée, Jean-Yves Le Drian a estimé que la "spirale de l'affrontement s'est brutalement aggravée", entraînant un risque de "crise humanitaire". Qualifiant la Centrafrique de "pays à la dérive", le ministre a prévenu des risques "d'anarchie" soulignant que la situation pouvait "déstabiliser toute la région en attirant des groupes criminels et terroristes".

S'exprimant devant les soldats trois jours après la mort de deux des leurs, Jean-Yves Le Drian a indiqué qu'il était venu "pour (leur) apporter tout le soutien de la nation qui est fière de ses soldats déployés en RCA". Il a confirmé que le président François Hollande assisterait à l'hommage national aux Invalides lundi pour les deux soldats tués.

Rencontres avec les principaux acteurs du pays

Jean-Yves Le Drian doit s'entretenir dans la journée avec le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, ex-chef de la rebellion Séléka. Dans la soirée, il se rendra au Tchad, où il rencontrera le président Idriss Deby.

A Bangui, le ministre fera un point de la situation avec le chef des forces françaises en RCA, le général Francisco Soriano, une semaine après le début de l'intervention militaire française, Sangaris, dans le pays.

Attendu tôt le matin dans la capitale centrafricaine, il doit également rencontrer les chefs de la force africaine en RCA, la Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique). Il s'entretiendra par ailleurs avec les principales autorités religieuses du pays, en proie aux violences interconfessionnelles entre chrétiens et musulmans.

Une mission "dangereuse" mais "nécessaire" selon Hollande

La France a déployé en quelques jours 1.600 hommes en Centrafrique pour mettre fin aux exactions des groupes armés et tenter de stabiliser le pays. Deux soldats français ont été tués lundi, quatre jours après le début de l'opération, lors d'un accrochages à proximité de l'aéroport.

Le président François Hollande s'est lui-même rendu mardi soir à Bangui, au retour des cérémonies d'hommage à Nelson Mandela auxquelles il a assisté en Afrique du sud. Il a alors jugé la mission française, sous mandat de l'ONU, "dangereuse" mais "nécessaire", si l'on veut "éviter un carnage" dans le pays.

La France est intervenue en Centrafrique officiellement pour appuyer la Misca, qui compte environ 3.000 hommes et doit prendre à terme le relais des forces françaises pour maintenir la stabilité du pays. La force africaine est notamment constituée de contingents tchadiens, camerounais et gabonais.

A.S. avec AFP