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Hollande en Centrafrique pour saluer la mémoire des deux soldats français

François Holande se recueille devant les cercueils des deux soldats français morts à Bangui, le 10 décembre 2013

François Holande se recueille devant les cercueils des deux soldats français morts à Bangui, le 10 décembre 2013 - -

François Hollande a fait une visite de quatre heures en Centrafrique mardi. Après s'être recueilli devant la dépouille des soldats français, il s'est entretenu avec avec les autorités de transition du pays.
Les soldats Nicolas Voaker et Antoine Le Quiniot étaient âgés de 22 et 23 ans.
Les soldats Nicolas Voaker et Antoine Le Quiniot étaient âgés de 22 et 23 ans. © -

La journée de mardi a commencé par une mauvaise nouvelle: cinq jours après le début officiel de l’intervention française en Centrafrique, deux soldats français du 8ème régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Castres (Tarn) ont trouvé la mort dans un accrochage à Bangui, dans la nuit de lundi à mardi.

Nicolas Voaker et Antoine Le Quiniot étaient âgés de 22 et 23 ans et ont été tués lors d'un échange de tirs "à très courte distance", a indiqué mardi Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, dans un communiqué. Grièvement blessés, ils sont morts à l’antenne chirurgicale de l’aéroport de Bangui. Un hommage national leur sera rendu, a annoncé Jean-Yves Le Drian.

>> Jean-Yves Le Drian sera l'invité de BFMTV-RMC mercredi à 8h35.

Ayrault justifie l'intervention française devant l'Assemblée

Hasard du calendrier, le débat sur l'intervention française en Centrafrique avait lieu ce mardi au Parlement: Jean-Marc Ayrault s’exprimait devant l’Assemblée, suivi par les chefs de groupes. L’occasion pour le Premier ministre d’assurer que l’intervention française en Centrafrique serait "l’affaire de quelques mois". "Le président de la République l'a dit très clairement: notre intervention sera rapide, elle n'a pas vocation à durer", a ajouté le Premier ministre, lors du débat sans vote au Parlement sur l'opération française en Centrafrique.

Au cinquième jour de l'opération Sangaris, le Premier ministre a rappelé les objectifs de l'intervention : "Premièrement, rétablir la sécurité en République centrafricaine, enrayer la spirale d'exactions et la dérive confessionnelle, et permettre le retour des organisations humanitaires ainsi que le déploiement des structures étatiques de base", a détaillé Jean-Marc Ayrault.

L'intervention des 1.600 soldats français doit aussi "favoriser la montée en puissance rapide de la Misca (la force panafricaine présente en Centrafrique, ndlr) et permettre son plein déploiement opérationnel", a poursuivi Jean-Marc Ayrault.

Alliot-Marie critique "un mauvais signal"

Le soir-même, François Hollande s’est rendu à Bangui. Une visite de dernière minute, décidée après l'annonce de la mort des deux soldats français mais dont la médiatisation a été critiquée par Michèle Alliot-Marie sur BFMTV. "C'est un très mauvais signal, on ne doit jamais donner d'indication à des adversaires. Honnêtement, ça fait très amateur", a asséné l'ancienne présidente du RPR en référence à l'annonce de la visite présidentielle.

Hollande rend hommage aux soldats tués

Venu "saluer et encourager" les militaires de l'opération Sangaris, le président a entamé sa visite par un moment de recueillement devant les dépouilles des deux soldats. "Ils sont tombés au combat dans une opération la nuit dernière dans les rues de Bangui", a rappelé François Hollande devant les militaires français. "Ils ont donné leur vie pour en sauver d’autres, car tel est le sens de votre présence."

"La mission en Centrafrique est dangereuse", a poursuivi François Hollande, mais "nécessaire si on veut éviter qu'il se produise ici un carnage".

A sa descente de l'avion, François Holande a également donné des indications sur la suite de l'intervention: "il était temps d'agir, nous avions une obligation d'intervenir vite et fort. Ensuite, il nous faudra désarmer les groupes, rétablir l'autorité civile et préparer des élections. A ce moment-là, nos effectifs [militaires] seront réduits."

François Hollande a ensuite rencontré dans la soirée le Premier ministre Nicolas Tiangaye et le président Michel Djotodia, ex-chef rebelle de la Séléka qu'il avait très vivement critiqué samedi dernier. Il a pris le temps de discuter avec son homologue, prolongeant ainsi la visite qui a duré quatre heures, au lieu des deux heures prévues.

A. K. avec AFP