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Centrafrique: "L’armée française doit montrer sa force"

Des soldats français sont déployés pour sécuriser Bangui, la capitale de la Centrafrique

Des soldats français sont déployés pour sécuriser Bangui, la capitale de la Centrafrique - -

L'opération de désarmement, lancée par l'armée française, a débuté lundi à Bangui la capitale. Des coups de feu ont été échangés dans la matinée.

Les soldats français ont entamé lundi à Bangui le délicat désarmement des milices et groupes armés promis par Paris pour rétablir la sécurité en Centrafrique. L'annonce du début de l'opération a été faite par l'état-major français, selon lequel "les choses se passent plutôt bien", malgré des échanges de tirs.

"Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu'en face ils l'ont compris", a affirmé le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron. "En face", c'est-à-dire chez les combattants de l'ex-rébellion Séléka.

Les trois phases de l'opération

"L’armée française doit montrer sa force, et par là intimider les belligérants en face d’elle pour qu’ils se plient aux règles qui vont leur être imposées. Très rapidement, on va savoir qui a le dessus, même si le processus de désarmement sera long", a expliqué le général Dominique Trinquand, expert en géopolitique, sur BFMTV.

"La première phase est de faire en sorte qu’il n’y ait pas d’armes visibles en circulation. La deuxième phase va consister à collecter des renseignements auprès de la population. Et la troisième phase va être une phase de négociations. Dans la Séleka comme dans la Misca, il y a des Tchadiens, et cela peut être un atout pour démontrer aux Tchadiens qu’il est temps que ceux qui n’en ont pas l’autorisation rendent leurs armes", a poursuivi l'expert qui connaît très bien la capitale centrafricaine, Bangui.

Des soldats congolais, tchadiens et guinéens de la force africaine, la Misca, participent de façon autonome à ces opérations de désarmement dans Bangui, toujours selon l'état-major français.

Tensions persistantes

Dimanche encore, la Défense avait fait état d'une "tension" palpable entre soldats français et certains groupes armés dans les rues de la capitale.

L'opération de désarmement vise expressément les combattants de l'ex-Séléka, coupables de nombreuses exactions ces derniers mois -pillages, exécutions sommaires- sur la population.

Haïs des habitants, qui les voient le plus souvent comme des "occupants" venus du Tchad et du Soudan voisins, les ex-Séléka -majoritairement musulmans- sont les seuls à déambuler en armes dans la capitale, face aux milices d'autodéfense villageoises.

Passe d'armes Hollande-Djotodia

Après les dernières journées d'horreur, l'odeur insoutenable de cadavres en décomposition persistait dans des quartiers où la Croix-Rouge locale n'a pas pu pour le moment ramasser les corps. Près de 400 personnes ont été tuées depuis jeudi dans une offensive des milices anti-balaka, suivie des représailles sanglantes de l'ex-Séléka.

Vivement critiqué ce week-end par le chef de l'Etat français François Hollande, le président Michel Djotodia a affirmé lundi avoir toujours le "soutien" de Paris. Arrivé à la tête du pays par les armes en mars 2013 après avoir renversé le président François Bozizé, il est censé quitter le pouvoir fin 2014.

Après le vote ad hoc de l'ONU jeudi, la France a déployé 1.600 militaires en République centrafricaine (opération baptisée Sangaris, du nom d'un papillon rouge local), en appui à la Misca (2.500 soldats).

S.A. avec AFP