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Centrafrique: la situation a-t-elle été sous-estimée?

Dans ce conflit, caractérisé par des représailles entre milices armées et des affrontements confessionnels, la première difficulté réside dans l'identification claire de l'ennemi.

Dans ce conflit, caractérisé par des représailles entre milices armées et des affrontements confessionnels, la première difficulté réside dans l'identification claire de l'ennemi. - -

La mort de deux soldats français, dans la nuit de lundi à mardi, en Centrafrique, relance les interrogations autour de l’opération Sangaris. A-t-on sous-estimé l’ampleur de la mission et les risques ?

La situation en Centrafrique est-elle plus complexe que prévue? La mort de deux soldats français, survenue dans la nuit de lundi à mardi, lors d'une opération de désarmement, après seulement quelques jours d'intervention française dans le pays, a posé la question de la sous-estimation d'une situation extrêmement tendue.

Situation de chaos

Dans ce conflit, caractérisé par des représailles entre milices armées et des affrontements confessionnels, la première difficulté réside dans l'identification claire de l'ennemi.

"Dans la guerre civile il n'y a pas de front, pas d'uniforme", a rappelé l'ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, sur le plateau BFMTV. "On combat le désordre et c'est beaucoup plus compliqué. Dans ce désordre ethnique et religieux, la France a du prendre parti, ce qui attise encore davantage les tensions.

"A partir du moment où les forces françaises désarment une des parties, l'autre partie va les attaquer", estime pour sa part Michèle Alliot-Marie, également ancienne locataire du Quai d'Orsay. Beaucoup de massacres ont été perpétrés à la machette, qui sont de simples outils de travail en Centrafrique. L'armée française ne les confisquera donc pas.

Un calendrier difficile à respecter

L'objectif final de la mission, qui est l'organisation d'élections libres risque lui aussi d'être compliqué car tout part de zéro. "Il va falloir construire un Etat et des institutions régaliennes, ce qui est extrêmement compliqué dans un pays marqué par le tribalisme", analyse Serge Michailof, chercheur associé à l'IRIS.

En clair, rien ne sert de donner un calendrier à cette opération car tous les observateurs ou presque pensent qu'il ne sera pas respecté.

A.S. avec Brune Daudré