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Violences sur les Champs-Elysées: qui sont les casseurs? 

Des manifestants sur les Champs-Elysées, le 24 novembre 2018.

Des manifestants sur les Champs-Elysées, le 24 novembre 2018. - Lucas Barioulet - AFP

Christophe Castaner pointait la responsabilité des sympathisants d'ultradroite dans les débordements qui ont émaillé la journée du 24 novembre. Il semble pourtant que le profil des 101 personnes gardées à vue soit très disparate.

Jets de projectiles, caillassages, feux de barricades, insultes… Des manifestants se sont opposés aux forces de l'ordre, samedi, lors du rassemblement sur les Champs-Elysées. Des débordements qui ont ouvert un volet judiciaire dans l’action des gilets jaunes avec 103 interpellations et 101 personnes placées en garde à vue, dont sept mineurs. Alors que la plupart sont soupçonnés de dégradations, parfois suivies de vols dans les commerces, un homme de 27 ans a été arrêté pour des faits d’une gravité plus importante.

Jeunes et sans antécédents judiciaires

Il est soupçonné de "violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné une infirmité permanente ou une mutilation à l’occasion d’une manifestation", a appris BFMTV. Au cours de la manifestation, il aurait blessé grièvement un policier à l’œil avec un pétard artisanal.

Trois interpellations supplémentaires, en lien avec le mouvement des gilets jaunes, ont encore eu lieu dimanche autour des Champs-Elysées, pour port d’armes prohibés et dégradations de biens privés. Les trois mis en cause, un majeur et deux mineurs, ont été placés en garde à vue.

Mais qui sont ces casseurs ? Samedi à la mi-journée, Christophe Castaner dénonçait "les séditieux" d'ultradroite infiltrés dans la manifestation, les accusant des nombreux incidents. Une note du renseignement territorial, que BFMTV avait pu consulter, annonçait effectivement la présence de 80 à 120 sympathisants d’ultradroite. L’exhibition de drapeaux à fleur de lys avait d’ailleurs confirmé leur présence dans les rangs des gilets jaunes.

Pourtant, le profil des gardés à vue semble plus disparate. Les personnes interpellées sont majoritairement des hommes nés entre 1980 et 2000. Parmi eux, 47 ne sont pas domiciliés en Ile-de-France, a appris BFMTV d'une source judiciaire. Selon RTL, les mis en cause sont considérés comme des suiveurs et se seraient laissé entraîner par des leaders plus radicaux.

Tags et logos d'ultragauche

Si la présence de membres de l'extrême-droite a été recensée en début de manifestation, des individus appartenant à l’ultragauche ont été repérés. Plusieurs tags et logos anarchistes ont par ailleurs été laissés le long du parcours des manifestants, ainsi que l’acronyme "ACAB", signes de ralliement de la mouvance ultragauche.

Vingt personnes vont être présentées ce lundi en comparution immédiate. 23 interpellés ont été remis en liberté et 27 gardes à vue ont été prolongées ce lundi matin.

Ambre Lepoivre