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Violences faites aux femmes: une sur trois en est victime dans le monde

Des Kényanes manifestent pour réclamer justice après l'agression sexuelle d'une femme à un arrêt de bus au début du mois de novembre.

Des Kényanes manifestent pour réclamer justice après l'agression sexuelle d'une femme à un arrêt de bus au début du mois de novembre. - Simon Mania - AFP

Le niveau des violences, notamment conjugales, faites aux femmes et aux filles atteint encore un niveau "inacceptable". L'Organisation mondiale de la Santé propose cinq pistes pour lutter contre ces discriminations.

Accélérer les efforts. Le message de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) est clair. Les violences faites aux femmes et aux filles sont encore trop nombreuses et trop fréquentes dans le monde. Une femme sur trois a déjà été victime de ces pratiques dans le monde, selon un dernier rapport, publié vendredi dans la prestigieuse revue médicale The Lancet

Aux coups et pressions psychologiques, dans, le monde, entre 100 et 140 millions de jeunes filles et femmes ont subi des mutilation génitales. 70 millions de filles ont été victimes de mariages, souvent forcés, avant leurs 18 ans, 7% d'entre elles risquent même d'être violées. 

Un niveau "inacceptable"

Ces violences, "exacerbées lors de conflits et de crises humanitaires", ont des conséquences dramatiques pour la santé mentale et physique des victimes, précise l'OMS, qui note toutefois qu'une attention s'est accrue ces dernières années à l'égard des violences faites aux femmes et aux filles. Malgré tout, celles-ci restent encore à un niveau "inacceptable" selon l'organisation onusienne qui juge que les efforts déployés sont insuffisants. 

"Aucune baguette magique ne pourra supprimer les violences contre les femmes. Mais nous avons des preuves que des changements dans les mentalités et les comportements sont possibles et peuvent être réalisés en moins d'une génération", nuance Charlotte Watts, professeure à l'École d'hygiène et de médecine tropicale de Londres.

5 pistes pour renforcer les efforts de lutte

Pour lutter contre ce phénomène, l'OMS demande aux gouvernements plus d'investissements, notamment dans la formation des personnels médicaux. Au-delà d'une problématique sociale et criminelle, ces violences, dont les premiers témoins sont souvent les médecins, relève majoritairement d'une question de santé publique. "Les personnels de santé sont souvent les premières personnes que rencontrent les femmes victimes de violence", précise le Dr Claudia Garcia-Moreno chargée de recherches contre les violences faites aux femmes à l'OMS.

A cela, l'organisation onusienne propose aux gouvernements, aux personnels médicaux et aux donateurs cinq pistes pour accélérer les efforts de lutte. Les Etats devraient, selon elle, allouer davantage de ressources pour faire du combat contre la violence à l'égard des femmes une priorité, en reconnaissant notamment qu'il s'agit d'un frein au développement et à l'accès à la santé. Dans le même temps, tous les leviers perpétuant les discriminations entre les sexes, dans la loi ou les institutions, devraient être levés.

La promotion de l'égalité, des comportements non-violent et de la non-stigmatisation des victimes est une nécessité, selon les auteurs du rapport. La mise en place de lois préventives s'appuyant sur la santé, la sécurité, l'éducation et la justice permettraient également de faire évoluer les mentalités. Enfin, les Etats devraient favoriser les études et mettre en oeuvre plus rapidement les mesures qui s'avèrent les plus efficaces dans la lutte contre les discriminations entre les sexes.

146 victimes de violences conjugales en France 

Ces chiffres confirment ceux d'une étude antérieure datant de 2013 qui chiffraient pour la première fois le nombre de femmes violentées dans le monde à 35%. A ce chiffre, l'Unicef dévoilait qu'environ 120 millions de filles de moins de 20 ans, soit une sur dix dans le monde, avaient déjà subi des violences sexuelles. Pis, en 2012, une victime d'homicide sur cinq était un enfant.

La France n'est pas épargnée par ce phénomène. Puisque malgré la mise en place du numéro d'aide aux femmes victimes de violences, en 2013, 146 personnes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint largement en majorité des femmes. 

J.C. avec AFP