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Une association "accuse" François Hollande de laisser mourir de faim les malades en fin de vie

L'Association pour le droit de mourir dans la dignité accuse "François Hollande de laisser mourir de faim et de soif les Français en fin de vie"

L'Association pour le droit de mourir dans la dignité accuse "François Hollande de laisser mourir de faim et de soif les Français en fin de vie" - BFMTV

L'Association pour le droit de mourir dans la dignité accuse François Hollande "de laisser mourir de faim et de soif les personnes en fin de vie". La campagne choc dévoilée ce mardi en exclusivité par BFMTV reprend le célèbre "J'accuse" d'Émile Zola.

En ce jour de Toussaint et à la veille de la 9e journée mondiale pour le droit de mourir dans la dignité, BFMTV dévoile ce mardi la nouvelle campagne choc de l'ADMD. Une campagne qui s'inspire du célèbre "J'accuse" d'Émile Zola. L'Association pour le droit de mourir dans la dignité accuse François Hollande de ne pas avoir tenu ses promesses. Selon elle, le président est "coupable de laisser mourir de faim et de soif les personnes en fin de vie".

Pour l'ADMD, le président n'a pas tenu son engagement de campagne 21 qui était "d'introduire la possibilité de bénéficier d'une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité" malgré la loi du 2 février 2016 sur la sédation profonde et continue pour éviter de souffrir. Une campagne choc donc pour interpeller les futurs candidats à la présidentielle sur un sujet qui concerne tous les Français.

"Je ne veux pas finir en légume"

Françoise a 71 ans et après avoir lutté contre un cancer, elle est aujourd'hui en pleine forme, heureuse de vivre et de profiter de ses 7 petits-enfants. "J'aime la vie, j'aime sortir, j'aime découvrir et je trouve qu'à tout âge on découvre quelque chose, confie-t-elle à BFMTV. Mais je ne veux pas finir en légume."

Trouver une solution à sa fin de vie, c'est aujourd'hui l'une de ses priorités notamment pour épargner ses proches. "Je ne supporterai pas de me montrer dégradée, d'imposer cette image et à ma famille proche et à mes enfants. Je veux la piqûre finale."

"Vous mourez à petit feu"

Une aide active à mourir interdite en France. Seule la sédation terminale est autorisée depuis la loi de février 2016. Un droit à dormir sans traitement ni alimentation, dénoncé par les associations. 

"On arrête de vous alimenter et de vous hydrater, regrette pour BFMTV Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Île-de-France et président de l'ADMD. Et vous pouvez mettre trois semaines à mourir. Vous imaginez que vous mourez d'une certaine manière à petit feu. Et puis ceux qui vous voient, les gens qui vous aiment, qui vous voient agoniser pendant des journées. Eh bien c'est ça qu'on offre aux Français aujourd'hui. C'est vrai que nous sommes en colère et c'est pour cela que nous lançons ce 'J'accuse'."

"Des limites inquiétantes"

Un "J'accuse" pour réclamer un droit à l'euthanasie. Un droit jugé trop risqué pour l'auteur des dernières lois sur le sujet.

"Dans les pays dans lesquels on a ouvert un droit à la mort, et bien ce droit à la mort évolue avec des limites qui sont effectivement inquiétantes", dénonce sur BFMTV le député-maire LR d'Antibes et cardiologue Jean Leonetti, auteur en 2005 de la loi qui porte son nom relative aux droits des malades et à la fin de vie. Comme "le fait de donner la mort à un malade psychiatrique qui le demande, le fait de donner la mort à un enfant qui le demande".

Un débat toujours sensible sur lequel les prochains candidats à la présidentielle devront prendre position.

Céline Hussonnois-Alaya avec Philippe Gaudin et Maria Pasquet