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Un mois après l'incendie de Notre-Dame, où en sont les travaux?

Il y a tout juste un mois, le 15 avril, Notre-Dame de Paris était ravagée par un incendie qui détruisait sa charpente et sa flèche. Un mois plus tard, quelle est l'avancée des travaux et de l'enquête?

Entourée d’échafaudages et recouverte d’une bâche blanche, Notre-Dame de Paris n’a plus le même visage depuis l’incendie qui a détruit sa charpente il y a un mois jour pour jour. Le parvis de la cathédrale est toujours interdit au public, des CRS en bloquent l’accès afin de sécuriser tout le périmètre alentour.

  • Des travaux de consolidation de la voûte

Les voûtes, fragilisées par les chaleurs extrêmes et les grandes quantités d’eau utilisées pour venir à bout des flammes, sont surveillées 24 heures sur 24 par des capteurs. Pour l’heure, elles semblent stables.

Venu visiter chantier ce mercredi après-midi, le ministre de la Culture Franck Riester a évoqué d'"importants travaux de consolidation de la voûte", précisant en outre que des "opérations de conservation sont toujours en cours, un mois après". 

Cette phase de sécurisation et de consolidation doit encore durer trois mois au terme desquels un diagnostic pourra être établi sur l’état de santé du monument. Pour aider à la rénovation qui s’ensuivra, plus de 880 millions d’euros de promesses de dons ont été enregistrés à ce jour, et 38 millions ont déjà été collectés.

  • Un robot pour ramasser les débris

A l’intérieur de la cathédrale, un petit robot ramasse un par un les gravats qui sont étiquetés, répertoriés, inventoriés, numérotés et scannés. "C'est un scanner en trois dimensions, comme de l'imagerie médicale, qui relève tous les éléments", explique à RTL Charlotte Hubert, l'une des quatre architectes en chef des Monuments historiques.

Ce robot constitue une aide technologique qui permet de réduire le nombre d'enquêteurs mobilisés - ils étaient une cinquantaine les premiers jours suivant l’incendie - mais aussi une solution de sécurité. Car les policiers qui mènent l'enquête ouverte pour "destruction involontaire par incendie" ne peuvent toujours pas pénétrer dans l’enceinte de la cathédrale. Le risque de chute de pierres ou d’effondrement partiel du bâtiment y est encore trop élevé. 

"La nef, les transepts et le cœur du monument sont encore dangereux pour que des hommes y pénètrent", expliquent sur BFMTV André Finot, responsable de la communication de Notre-Dame. "Les équipes de la police et les archéologues évacuent donc grâce à ce robot tous les gravats, c’est-à-dire le bois de la charpente, les pierres des voûtes et le métal qui était principalement disposé dans la flèche", poursuit-il.
  • La piste du court-circuit

Ces éléments servent d’indices pour essayer de comprendre et définir les causes de ce sinistre majeur. Plusieurs pistes sont évaluées par les enquêteurs, la plus probable étant, selon nos informations, celle d'un court-circuit électrique au niveau du dispositif faisant fonctionner les ascenseurs des échafaudages.

L'entreprise menant les travaux sur la cathédrale a également reconnu qu'il arrivait à ses employés de fumer, même si elle a exclu tout lien avec l'incendie. Pour l’instant, rien ne laisse penser à une piste criminelle. Aucun accélérateur n’a été trouvé et il n’y a pas de témoignage dans ce sens. Pour obtenir une réponse, il faudra s’armer de patience car les phases de sécurisation, de diagnostic, de rénovation menées parallèlement à l’enquête s’annoncent longues et fastidieuses.

Aurélie Casse avec Ambre Lepoivre