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Notre-Dame: près d'un mois après l'incendie, où en est l'enquête?

Grâce aux débris, notamment ceux tombés du toit pendant l'incendie, les enquêteurs tentent de retracer une chronologie de l'incendie survenu le 15 avril dernier.

Près d'un mois après l'incendie qui a ravagé la cathédrale parisienne, l'enquête n'a pas encore permis de déterminer les causes exactes du sinistre. Et pour cause: tous les débris sont minutieusement examinés afin de comprendre ce qui leur est arrivé et dans quel ordre, afin de retracer une chronologie.

"Je les vois prendre les pierres une par une, avec un robot, et je me dis 'Ça doit être merveilleux'. Mais je ne vois pas comment ils pourront découvrir qui, s'il y a un responsable, est responsable", considère, un peu perplexe, le recteur archiprêtre de Notre-Dame de Paris Mgr Patrick Chauvet.

La piste d'un court-circuit envisagée

Pourtant, avec ces indices qu'ils collectent, les enquêteurs doivent évaluer les différentes pistes. Selon nos informations, la plus probable actuellement est celle d'un court-circuit électrique au niveau du dispositif faisant fonctionner les ascenseurs des échafaudages.

De plus, un premier détecteur avait déclenché l'alarme incendie le soir du drame, à 18h20, mais la vérification n'a pas eu lieu au bon endroit d'après une source proche de l'enquête interrogée par BFMTV. La seconde alarme a sonné 20 minutes plus tard, mais le feu avant déjà commencé à se propager.

L'entreprise menant les travaux sur la cathédrale a également reconnu qu'il arrivait à ses employés de fumer, même si elle a exclu tout lien avec l'incendie.

Des cendres passées au tamis

Depuis la semaine dernière, des entreprises procèdent à la récupération de tous les débris sous le toit éventré. Ils pourraient permettre de comprendre d’où le feu est parti.

"On va prendre les cendres, et on va passer au tamis pour que ne restent que les parties qui n'auront pas été détruites. Elles vont ensuite être analysées, et selon l'endroit où elles se trouvent, on va essayer de comprendre pourquoi elles ont subi ce type de destruction pour re-créer une chronologie", explique sur notre antenne Julien Dapremont, un expert spécialisé en incendies.

"En fait, le plus gros du travail, c'est de re-créer une chronologie cohérente sur le développement du sinistre", résume-t-il.

Pour l'instant, rien ne laisse penser à une piste criminelle. Aucun accélérateur n’a été trouvé et il n’y a pas de témoignage dans ce sens. Si les analyses sont vites menées, l’origine de l’incendie pourrait être connue d’ici un mois.

Nassim Gomri, Thomas Herreman, Vincent Hénin, Cécile Ollivier, Anne-Sophie Warmont avec Liv Audigane