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Timide mobilisation des gilets jaunes en attendant le 31

Un gilet jaune à Bordeaux

Un gilet jaune à Bordeaux - MEHDI FEDOUACH / AFP

La mobilisation des gilets jaunes était en baisse à l'occasion du septième samedi de manifestations consécutif. Seules 800 personnes étaient mobilisés à Paris où comme dans la plupart des villes de France, le rassemblement s'est déroulé dans un relatif calme.

Pour leur acte 7 plus d'un mois et demi après le début du mouvement, les "gilets jaunes" ont peu mobilisé samedi entre deux fêtes de fin d'année mais promettent de nouvelles actions en janvier. Avec quelque 2.500 manifestants dans les rues, Bordeaux est la ville où la mobilisation a été la plus forte tandis qu'à peine un millier de personnes ont défilé à Marseille, Rouen ou Nantes et 800 à Paris. Quelques incidents ont éclaté à Bordeaux, Lille, Metz, Toulouse.

Le mouvement semble poursuivre sa décrue. À midi, ils étaient 12.000 d'après les chiffres du gouvernement, qui n'a pas donné de chiffre de mobilisation à la fin de la journée. Au total, 38.600 manifestants étaient descendus dans la rue le 22 décembre, contre 66.000 une semaine plus tôt et 282.000 pour la première journée de mobilisation le 17 novembre, toujours d'après le ministère de l'Intérieur.

À Paris, les médias en ligne de mire

À Marseille comme à Bordeaux, où des heurts ont éclaté entre des protestataires et les forces de l'ordre, les manifestants ont principalement scandé des slogans anti-Macron. Tout comme dans le XVe arrondissement de Paris à proximité des locaux de BFMTV et de France Télévisions, où plusieurs centaines de "gilets jaunes" sont venus conspuer les "journalistes collabos". En tout 57 personnes ont été interpellées et 33 placées en garde à vue.

Des heurts entre manifestants et forces de l'ordre ont aussi éclaté à Rouen, où la porte de la banque de France a été incendiée, et à Nantes, où les premiers tirs de grenades lacrymogènes ont fusé dès le départ du cortège. À Metz, où 1.200 personnes étaient réunies, des manifestants ont jeté des pavés et grilles d'égouts sur les forces de l'ordre et à Lille, où les précédentes manifestations s'étaient déroulées dans le calme, plusieurs personnes ont été blessées. Des dégradations ont également eu lieu à Toulouse où s'étaient rassemblées 1.350 personnes dont "650 profils violents", selon la préfecture.

Christophe Castaner s'impatiente

Sur les autoroutes, les actions s'étiolent: seuls quelques échangeurs ont été fermés notamment sur l'A7 et l'A10 et quelques opérations péage gratuit menées mais dans des proportions moindres que les week-end précédents.

Dans un courrier adressé aux préfets samedi, dont l'AFP s'est procuré une copie, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a demandé à la "libération complète et définitive" de la centaine de ronds-points encore occupés.

La prochaine grande date pour les "gilets jaunes" sera maintenant le réveillon du Nouvel an: des rassemblements sont annoncés sur le pont d'Aquitaine à Bordeaux, place Masséna à Nice ou sur les Champs-Elysées à Paris. Une mauvaise nouvelle pour les hôteliers français qui ont déjà annoncé qu'ils ne feraient pas le plein pour la Saint-Sylvestre: les touristes étrangers, surtout ceux au fort pouvoir d'achat, ont été refroidis par les images des manifestations violentes.

Une manifestation en soutien à Emmanuel Macron prévue le 27 janvier à Paris

Depuis le début du mouvement en novembre, 10 personnes ont été tuées sur des points de blocage en France et plus de 1.600 manifestants ont été blessés, dont une cinquantaine gravement. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a été saisie par la justice de 48 affaires de violences policières présumées lors de manifestations de "gilets jaunes" et de lycéens, a précisé vendredi le ministère de l'Intérieur.

Sur les réseaux sociaux, certains groupes ("Stop, maintenant ça suffit" et "les foulards rouges") qui souhaitent s'opposer aux blocages et aux violences ont lancé un appel pour une manifestation à Paris le 27 janvier en soutien à Emmanuel Macron.

G.D. avec AFP