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Qui va s’approprier la marque "Gilet jaune"?

Plus d'une vingtaine de demande ont été déposé à l'Inpi pour faire du nom gilet jaune une marque

Plus d'une vingtaine de demande ont été déposé à l'Inpi pour faire du nom gilet jaune une marque - BORIS HORVAT / AFP

Le gilet jaune n'est pas seulement l'emblème d'un mouvement qui a marqué ces derniers mois de 2018, il pourrait aussi devenir une marque. L'Inpi a déjà reçu 24 demandes de dépôts de particuliers et d'entreprises qui espèrent exploiter ce nom pour vendre des produits ou des services.

Voici dix ans, la propriétaire d'une mercerie parisienne a déposé à l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi) - la marque Mon Gilet Jaune. Et jusqu'à cet automne, elle était bien la seule à croire au potentiel commercial de cette marque. Mais depuis que le mouvement de protestation contre, entre autres, la hausse des taxes sur le carburant, a acquis une notoriété planétaire, l'Inpi a vu le nombre des demandes se multiplier. Le premier à avoir reniflé la bonne affaire est l'agence de communication Anatome qui a déposé la marque Gilet Jaune le 13 novembre.

Le site de l’Inpi (Institut national de la propriété industrielle) recensait juste avant Noël, 24 demandes déposées pour la plupart en décembre, dans toutes les catégories possibles: vêtements, formation, ustensiles de cuisine, publicité, télécommunications, jeux, articles pour fumeur… L’un des déposants a même déposé un logo représentant le fameux gilet imposé depuis quelques années par la Prévention routière. 

Cette procédure n'est certes pas gratuite. Il faut payer un forfait de 200 euros pour trois catégories de produits ou de services et 40 euros par catégorie supplémentaire. Daniel Raynal a par exemple dépensé 520 euros pour pouvoir exploiter la marque dans onze catégories différentes, parmi lesquelles des émissions de télé ou de radio et une marque de bière.

La plupart des demandeurs sont issus du monde du commerce ou de la communication. Mais parmi les déposants on trouve aussi Alain Guillon (Liste Gilets Jaunes aux Elections Européennes) qui ne vise que la publicité et les services juridiques ainsi que Joffrey Bollée, directeur de cabinet de Florian Philippot, qui a déposé son dossier dès le 30 novembre. Epinglé sur Twitter, il n'a fait aucun commentaire pour expliquer le sens de sa démarche.

La date de dépôt est primordiale puisque c’est le premier qui a fait la demande d’un nom qui en obtient les droits. Ainsi, pour avoir des chances d’obtenir une part du gâteau, on trouve sur le site de l’Inpi de nombreuses déclinaisons qui jonglent avec le pluriel et le singulier ou qui colle un article (le ou les). Deux jours après la demande d'Anatome, Mohamed Amghari a déposé la sienne au pluriel (Gilets Jaunes).

D’autres tentent "Gilets jaunes et Gil et John" ou "Fier d’être Gilet jaune" au pluriel et au singulier ou encore "Je suis gilet jaune". Ce sera aux juristes de l’Inpi trancher et, le cas, échéant, de refuser le dépôt de cette marque, comme ils l'ont fait pour "Je suis Charlie" en 2015.

Sur Internet, la marque Giletjaune en .com et .fr a aussi été déposée, mais aucun site n’a encore été activé. A l'exception d'une société qui a créé le site mongiletjaune.org. Il ne s'agit pas de la mercerie parisienne. On peut y acheter la version "gilet jaune" d'un déodorant de voiture, ceux-là même que l’on accroche sur le rétroviseur intérieur. Et le site assure qu'ils sont fabriqués en France et conditionnés dans un C.A.T (Centre d'Aide par le Travail).

Pascal Samama