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Retraites: pour Philippe Martinez, plus les jours passent, moins la réforme est "simple à expliquer"

Pour l'homme fort du syndicat, invité ce dimanche soir de "Et en Même Temps", "la position de la CGT est claire, et "la détermination est toujours très présente pour continuer le conflit".

Sans grande surprise, le compte n'y est toujours pas pour Philippe Martinez. Invité ce dimanche de Et en Même Temps au soir du 39 jour de mobilisation contre la réforme des retraites, le leader de la CGT a exprimé toute sa détermination pour prolonger le conflit qui l'oppose au gouvernement.

Au lendemain de l'annonce par Édouard Philippe du retrait de l'âge pivot fixé à 64 ans dans le projet de loi, le Secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) assure toujours vouloir le retrait total de la réforme, dénonçant un texte devenu illisible. 

"Nous demandons le retrait, plus les jours passent moins elle est simple à expliquer, y compris pour les ministres qui en ont la charge", débute-t-il.  "J'ai souvent posé la question à ces ministres: qu'est ce qu'une année complète pour pouvoir toucher 1000 euros? Je n'ai toujours pas de réponses."

"Texte de loi incomplet"

Sur la lettre envoyée ce samedi par le Premier ministre, Philippe Martinez assure comprendre que le retrait de l'âge pivot n'est que "temporaire" selon lui: 

"Les députés vont voter un texte de loi incomplet puis on va nous dire qu’il n’y a pas d’autre choix que de travailler jusqu’à 64 ans dans quelques semaines."

L'occasion, pour l'homme fort de la CGT, de tancer Édouard Philippe qu'il accuse de vouloir confisquer les discussions sur l'augmentation des cotisations:

"On nous dit: 'vous pouvez discuter, mais mais vous n’avez pas le droit de parler de cotisations'. Ça fait trois mois qu’on discute, on nous avait dit ‘tout est ouvert, on peut discuter des cotisations’."

De fait, Philippe Martinez hésite désormais à participer aux futures réunions organisées par Matignon, et la fameuse conférence de financement réclamée (et obtenue) par la CFDT, où devraient être discutées les modalités de la réforme.

"Il faut plus de monde en grève"

En ce qui concerne la suite du mouvement social, Philippe Martinez assure que "la position de la CGT est claire" et les retours qu'il a eu depuis la lettre d'Édouard Philippe montrent "que la détermination est toujours très présente pour continuer le conflit".

"Tout le monde réfléchit, d’autres salariés s’impliquent de plus en plus, les dockers et les portuaires ont fait 72h de grève la semaine prochaine et feront de même la semaine prochaine. Dans l’énergie et le privé il y a des grèves aussi", détaille-t-il, interrogé sur la forme que pourrait prendre le mouvement." "Il y a des temps forts, mais il faut plus de monde en grève", a-t-il conclu. 
Hugo Septier