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Cardinal Barbarin: "Jamais je n'ai couvert de faits de pédophilie"

Le cardinal Barbarin s'est exprimé mardi à Lourdes, réaffirmant son innocence dans les affaires de pédophilie qui éclaboussent plusieurs prêtres du diocèse de Lyon.

L'assemblée des évêques à Lourdes a tenu une conférence de presse mardi durant laquelle le cardinal Barbarin, mis en cause par plusieurs victimes de prêtres pédophiles pour avoir gardé le silence sur ces faits, a pris la parole.

"Les victimes savent que c'est d'abord à elles que je pense. Je leur redis régulièrement ma disponibilité et celle de mon diocèse, elles savent aussi que je prie pour eux. J'ai mesuré en les rencontrant à quel point il a été extrêmement difficile pour eux de parler. Plusieurs sont meurtris d'ailleurs de ne pas avoir pu le faire avant la prescription des faits". 

Peu après, le cardinal a continué d'évoquer ces faits qui, "grâce à Dieu, sont prescrits". Une formulation étrange, qui n'a pas échappé à l'un des journalistes présents. "Je vous l'accorde, cette expression est une erreur de mon langage, je le reconnais volontiers", a admis peu après Mgr Barbarin.

"J'ai eu connaissance deux fois de faits"

"Il y a beaucoup d'actes de pédophilie dans la société, majoritairement dans les familles, mais finalement, quand c'est fait par un prêtre, c'est encore plus horrible. La révolte est encore plus profonde et sourde. Donc on comprend leur colère, leur désarroi, leur souffrance énorme", a poursuivi Mgr Barbarin.

Le cardinal a ensuite réaffirmé son innocence. "Jamais je n'ai couvert le moindre acte de pédophilie. Cela fait 17 ans que je suis évêque, j'ai eu connaissance deux fois de faits par une personne qui vient me le dire, en 2006, puis en 2014. Le dimanche suivant, le prêtre n'avait plus le droit de célébrer la messe. Et à aucun des deux je n'ai redonné de ministère."

"On peut me reprocher d'avoir cru le prêtre"

A l'un de ces prêtres, le cardinal dit avoir demandé comment de telles choses étaient possibles. "Il m'a répondu: 'Vous ne comprendriez pas'". Mgr Barbarin lui a ensuite demandé s'il avait recommencé depuis 1990, date des faits portés à sa connaissance. "Il m'a dit: 'Jamais, parce que j'ai été ébouillanté par les horreurs que j'ai faites'." "On peut me reprocher de l'avoir cru, mais depuis 1990, il n'y a plus rien eu, en tout cas certainement pas à ma connaissance. Absolument jamais!", a poursuivi le responsable.

Mgr Barbarin a également réagi à la plainte déposée contre lui pour incitation au suicide, et dont l'existence a été révélée mardi par la victime, qui s'est exprimée dans les colonnes du Figaro. "Qui ai-je incité au suicide? C'est inimaginable! Le Premier ministre m'incite à prendre mes responsabilités, et je lui promets que je les prends."

Alexandra Gonzalez