BFMTV

Partiels bousculés à Nanterre, occupation à Sciences Po Paris : le point sur les blocages des universités

Sciences Po Paris voit son bâtiment principal fermé, tandis que le blocage a été reconduit à Nanterre jusqu'à jeudi.

Les étudiants de Sciences Po Paris ont rejoint la contestation mardi soir, en décidant l’occupation de leur bâtiment principal à l'issue d'une Assemblée générale.

L'accès principal de Sciences Po Paris était fermé mercredi matin sur décision de la direction, en raison de l'occupation d'une partie de l'établissement par plusieurs dizaines d'étudiants de l'école.

"On ne laisse pas rentrer les étudiants dans le bâtiment par mesure de sécurité. Les cours qui y étaient prévus ont été reprogrammés ailleurs", a-t-on confirmé à la direction de la grande école, qui a formé nombre de dirigeants, dont Emmanuel Macron.

Un blocage "fortement symbolique" pour les occupants

Selon un communiqué publié sur la page Facebook "Sciences Po en lutte", repris par l'AFP, "Occuper Sciences Po est fortement symbolique: en tant que fac où a étudié Emmanuel Macron et de nombreux membres de sa majorité parlementaire". Les auteurs du message y évoquent la loi ORE, mais également "toutes les lois antisociales et racistes portées par ce gouvernement (loi asile et immigration, casse de la fonction publique...)".

Comme l'a expliqué ce mercredi la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur BFMTV, quatre facultés sont bloquées et une dizaine de campus sont perturbés, en réponse à la loi de réforme de l’accès à l’université.

À Nanterre, l'inquiétude des étudiants

À Nanterre, le blocage a été reconduit mardi soir jusqu’à jeudi lors d’une assemblée générale. 1.600 étudiants se sont rassemblés pour un vote, auquel plus de 1.200 ont été favorables. Conséquence: des partiels ont de nouveau été annulés après ceux du début de semaine, dont la date de report n’a pas encore été précisée. Les étudiants qui souhaitent passer leurs examens commencent à s’inquiéter:

"Ne pas pouvoir passer nos partiels, ça veut dire qu’à la sélection en M2 ils vont préférer prendre des étudiants qui sortent des universités où il n’y a pas eu de blocus", témoigne l’une d'entre eux au micro de BFMTV.

Dissensions parmi les étudiants

De plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer la forme du mouvement. Dans les assemblées générales de Nanterre, on trouve aussi des travailleurs et des étudiants d’autres facultés, comme celle de Tolbiac.

"Tout ce qu’on veut, c’est que la forme que prend leur mobilisation ne prenne pas en otage les étudiants, ne soit pas délétère pour nous. On a l’impression d’être bloqués dans une situation", explique Louise Pichon, qui fait partie d'un "mouvement de contre-blocage pacifiste".

"Les partiels, à mon avis, vont être tenus", avance à l'inverse le président de l’UNEF à Nanterre Florian Mazet. "Les partiels vont être juste réaménagés (…) Ils auront, s’ils réussissent leurs partiels, leurs diplômes, et je pense qu’il n’y aura pas de problèmes." Une nouvelle assemblée générale doit se tenir dans la fac de Nanterre jeudi matin pour décider de la suite du mouvement.

Des mouvements partout en France

À Tolbiac, le président de l'université Panthéon-Sorbonne Georges Haddad a demandé l’évacuation de l’établissement. Une éventualité pour l'instant exclue par la police, comme le précise l’AFP. Le 11 avril dernier, il avait déjà demandé l'intervention de la police pour faire lever le blocage après la découverte de cocktails Molotov au sein de la faculté. L'université Paul-Valéry de Montpellier, toujours occupée, a quant à elle été fermée samedi par son président Patrick Gilli. L'expulsion des occupants y a également été demandé. 

À l’université de Rennes 2, le blocage a été reconduit jusqu’au 30 avril. Et à Rouen, plusieurs cours ont été annulés à cause du blocage de quatre bâtiments. 

Carte des facultés perturbées au mercredi 18 avril
Carte des facultés perturbées au mercredi 18 avril © BFMTV
B.P. avec AFP