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Frédérique Vidal: le mouvement de contestation des universités "ne s'est pas amplifié"

Bien que les étudiants de Sciences Po Paris viennent d'annoncer l'occupation d'un de leurs bâtiments, la ministre de l'Enseignement supérieur assure que le mouvement de contestation contre Parcoursup ne s'est pas étendu. Elle déclare également que les partiels reportés auront bien lieu.

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal fait le point sur le mouvement de contestation, qui continue à sévir dans les universités. "Ce matin nous avons quatre facultés bloquées et une dizaine de sites qui connaissent des perturbations; les choses ne se sont pas amplifiées", assure-t-elle sur BFMTV ce mercredi. 

La grogne se poursuit effectivement dans plusieurs établissements de l'enseignement supérieur. Mardi soir, les étudiants de Sciences Po Paris on lancé le blocage du bâtiment principal de l'établissement à l'issue d'une Assemblée générale, et les étudiants de Nanterre ont voté la reconduction du blocage jusqu'à jeudi. D'autres universités, comme Tolbiac ou Rennes 2, sont perturbées par la contestation.

Carte des facultés perturbées au mercredi 18 avril
Carte des facultés perturbées au mercredi 18 avril © BFMTV

Les examens "se tiendront"

Parmi les étudiants opposés au blocage de leurs facs, beaucoup s'inquiètent du chamboulement des partiels, dont certains ont déjà été repoussés sans qu'une date ne soit fixée. "Il est essentiel que ces examens se tiennent et ils se tiendront", rassure Frédérique Vidal, qui expose les différentes solutions possibles. 

L'option de la dématérialisation est envisageable "lorsque le contrôle des connaissances autorise la remise d’un rapport ou d’un mémoire". Mais les partiels pourront s'organiser dans "des lieux délocalisés":

"Les universités c’est plusieurs facultés, il peut y avoir des campus bloqués mais d’autres campus qui sont accessibles. Et on peut parfaitement organiser des examens y compris en présentielle, simplement dans d’autres salles", affirme la ministre. 

Un "danger pour les étudiants"

Face à la contestation provoquée par Parcoursup, Frédérique Vidal réaffirme la légitimité de cette réforme, et assure de sa volonté de pédagogie: "Nous ne voulons plus tirer les lycéens au sort, et nous ne voulons plus 70% d’échecs ou de réorientations en première année à l’université (...) Nous discutons en permanence avec les syndicats représentant les personnels et les associations étudiantes, lorsqu’ils viennent."

Les présidents de l'université Panthéon-Sorbonne et de Montpellier ont demandé le recours aux forces de l'ordre afin de faire évacuer leurs sites, bloqués par des étudiants: "Quand les présidents d’université font appel aux forces de l’ordre pour évacuer, c'est qu’il y a un danger pour les personnels, un danger pour les étudiants qui sont sur site, dont ils ne se sentent pas capables de prendre la responsabilité", alerte la ministre.

Des casseurs sur les lieux? 

Y a-t-il un doute sur l'identité de certains occupants? Frédérique Vidal se dit "à peu près persuadée" que "ce ne sont pas des étudiants" qui commettent les violences: "J’ai côtoyé des étudiants toute ma vie, je sais que les étudiants ne cassent pas les serveurs, ne caillassent pas les personnels."

Enfin, elle donne des précisions sur le boycott de la réforme annoncé par quelques présidents d'université. Selon elle, ils s'opposent au classement des étudiants "lorsqu'il n'y a pas de tension", soit lorsque les filières ne sont pas surchargées."Lorsque les présidents d’université disent 'S’il n’y a pas de tensions, nous ne classerons pas' ils se conforment parfaitement à la loi."

L'Unef "est présente aux réunions", selon sa présidente

Lilâ Le Bas, présidente de l'Unef, a réagi quelques minutes plus tard sur notre antenne. Elle affirme que "L’Unef est présente aux réunions" sur la question de l’arrêté licence, "ce qui va encadrer la question des rattrapages, la compensation des notes par exemple pour les étudiants en licence. Et évidemment que l’Unef y est, pour pouvoir porter nos revendications dans ce cadre-là."

"C'est le ministère qui est en train de pourrir les années aux étudiants", assure-t-elle, avant de poursuivre: "Nous ce qu’on veut c’est que les examens soient reportés pour l’instant, puisqu’effectivement il y a une mobilisation qui est importante sur les campus universitaires, qu’il faut prendre en compte. Et aujourd’hui on a un ministère qui fait la sourde oreille, voire qui méprise les étudiants qui sont mobilisés."

Benjamin Pierret